Il est désormais évident que le différend actuel entre l'Iran et les États-Unis ne porte plus sur la conclusion d'un accord définitif, comme cela avait été présenté, il y a un mois, lors de l'annonce de l'accord de principe. L'enjeu est désormais de gagner du temps, chacun poursuivant des objectifs qui lui sont propres.
En effet, les États-Unis devaient avant tout mener la Coupe du monde à son terme dans des conditions irréprochables afin de préserver leur image et leur crédibilité sur la scène internationale. Il faut savoir que cet événement constitue également une importante source de revenus, aussi bien humains qu’économiques, dans un contexte de ralentissement mondial.
L'Iran, de son côté, mise sur le temps. Téhéran espère que les élections prévues en automne verront la chute de Benjamin Netanyahou en Israël ainsi que la perte de la majorité de Donald Trump aux États-Unis. Par transitivité, il cherche à convaincre la communauté internationale que les opinions publiques rejettent une poursuite de la guerre, contraignant les futurs dirigeants à rechercher une issue au conflit, d'autant que les sociétés occidentales supportent difficilement les conflits militaires prolongés.
Dans le même temps, les deux parties s'emploient à consolider leurs cartes dans le cadre de la guerre psychologique. Les États-Unis ont ainsi repris leurs frappes contre des positions iraniennes en réponse aux pressions exercées par Téhéran sur la navigation dans le détroit d'Ormuz. Ces actions ne traduisent pas une remise en cause de l'accord, mais visent plutôt à accentuer la pression sur l'adversaire afin de lui signifier qu'aucune des deux parties n'entend renoncer à ses leviers avant la conclusion d'un véritable accord.
Partant, il est de plus en plus évident qu'une issue favorable paraît difficile. L'intransigeance de l'Iran sur son programme nucléaire demeure le principal obstacle, alors que Washington en fait la condition sine qua non à la mise en œuvre de tout accord avec Téhéran. Parallèlement, la République islamique poursuit son soutien à ses relais afin de consolider son statut de puissance régionale.
Tout semble désormais suspendu à la fin de la Coupe du monde, qui sera suivie des deux dernières semaines du délai de deux mois, prévu par l'accord de principe.
Le début du mois d'août devrait ainsi marquer un tournant décisif: soit les hostilités reprendront en contraignant l'Iran par la force, soit l’accord sera imposé, au prix d'un démantèlement de son programme nucléaire.
L'Iran est de toute façon déjà affaibli. Dès lors, quel intérêt à précipiter un accord, sinon celui de miser sur le temps?



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