Washington tend la main à Beyrouth: une fenêtre à ne pas manquer
©Ici Beyrouth

La visite du président de la République, le général Joseph Aoun, à Washington s’est achevée sur un bilan jugé positif, tant sur le plan diplomatique que politique. Selon des proches du chef de l’État, celui-ci s’est dit «très satisfait» des résultats obtenus au cours de ce déplacement.

Désormais, tous les regards sont tournés vers l’après-visite. Car, selon des sources américaines, cette séquence marque un tournant dans les relations entre Beyrouth et Washington. L’administration américaine, emmenée par le président Donald Trump, aurait accordé au Liban un soutien politique et militaire conséquent, assorti de la promesse d’un important appui économique, à condition que les autorités libanaises mettent en œuvre les engagements qui leur sont demandés.

De mêmes sources, on estime que le Liban dispose aujourd’hui d’une «opportunité en or», qui pourrait ne pas se représenter. Pour en tirer pleinement parti, Beyrouth devra démontrer sa détermination à réaffirmer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, notamment à travers le processus de désarmement du Hezbollah. Dans cette optique, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, aurait adressé un message clair au président Aoun lors de leur rencontre à la Maison-Blanche.

Les responsables américains suivent désormais avec attention les premières opérations de l’armée libanaise dans la «zone pilote», qui serviront de test. L’efficacité de son action sera évaluée en priorité par Washington. Les sources soulignent également que toutes les institutions concernées par le désarmement, en particulier la justice, devront coopérer étroitement avec l’armée, notamment pour faciliter les perquisitions. Selon elles, des missiles antichars auraient été entreposés dans des habitations, certaines étant reliées à un réseau de tunnels.

À en croire les mêmes sources, le Hezbollah n’a, à ce stade, aucune intention de coopérer avec l’armée libanaise pour remettre son arsenal ou démanteler ses infrastructures militaires. Elles annoncent en revanche un renforcement de la coopération en matière de renseignement entre Washington et Beyrouth. Les États-Unis devraient fournir à l’armée libanaise des informations sur l’emplacement des dépôts d’armes, des stocks de munitions et des infrastructures militaires du Hezbollah. L’objectif affiché est une intervention rapide de l’armée, démontrant ainsi son alignement sur les décisions de l’exécutif.

Enfin, les sources américaines mettent en garde contre toute stratégie de temporisation ou de contournement, estimant qu’une telle attitude risquerait de fragiliser l’accord-cadre conclu entre le Liban et Israël. À défaut, préviennent-elles, le risque d’une reprise d’un conflit de grande ampleur demeurerait réel. Elles appellent également les autorités libanaises à ne plus laisser leurs décisions être dictées par la crainte de ménager le Hezbollah, qu’elles considèrent comme de plus en plus affaibli, alors que son principal allié régional, la République islamique d’Iran, subit une pression croissante de la part des États-Unis. Reste une interrogation: Téhéran demandera-t-il au Hezbollah de jouer sa dernière carte militaire au risque de faire voler en éclats l’accord-cadre, comme il l’aurait fait, selon ces sources, avec le mémorandum d’entente négocié avec Washington?

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