Le Hezbollah qualifie d'«échec» la visite de Joseph Aoun à Washington
©Ici Beyrouth

Le bloc parlementaire du Hezbollah a estimé jeudi que la visite du président Joseph Aoun à Washington s’était soldée par un «échec», affirmant qu’elle n’avait permis d’obtenir ni engagement américain en faveur d’un retrait israélien, ni arrêt des opérations militaires au Liban-Sud.

Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion périodique, le bloc Fidélité à la Résistance a accusé les autorités libanaises d’engager le pays dans «un processus stérile» marqué, selon lui, par une succession de concessions portant atteinte à la souveraineté nationale. Il a soutenu que le déplacement présidentiel aux États-Unis n’avait apporté aucune garantie concernant le retour sécurisé des déplacés ni le lancement de la reconstruction.

Le bloc a également jugé que les récentes initiatives des autorités relevaient davantage de la communication que de résultats concrets. Selon lui, l’armée libanaise s’est contentée de renforcer son déploiement dans des secteurs déjà placés sous son contrôle, sans qu’Israël ne se retire d’aucune position occupée.

Il a affirmé que les forces israéliennes avaient ouvert le feu sur des unités de l’armée libanaise à Zaoutar el-Gharbiyé, sous prétexte qu’elles s’étaient avancées d’une centaine de mètres vers une zone occupée. Le Hezbollah a accusé les autorités d’avoir présenté cet épisode comme le début d’un retrait israélien, alors qu’il s’agissait, selon lui, d’une «falsification des faits».

Le bloc a réaffirmé son rejet des négociations directes avec Israël ainsi que de l’accord-cadre qui en a résulté. Il a insisté sur la priorité d’un retrait total des forces israéliennes des territoires libanais, ainsi que sur l’application de l’accord de cessation des hostilités du 27 novembre 2024 et de la résolution 1701, exclusivement au sud du Litani.

Concernant les armes du Hezbollah, il a estimé que toute discussion portant sur leur avenir en dehors de cette zone ne pourrait intervenir qu’après le retrait israélien, sur la base d’un consensus national et dans le cadre d’une stratégie de sécurité nationale conforme au discours d’investiture et à la déclaration ministérielle.

Le bloc a par ailleurs dénoncé la destruction systématique des villages occupés du Sud, accusant les autorités de rester silencieuses face à ce qu’il a qualifié de projet visant à rendre ces régions inhabitables. Il leur a reproché de ne pas avoir placé ce dossier au cœur de leurs démarches diplomatiques et de poursuivre des négociations sans obtenir l’arrêt des opérations israéliennes.

Sur le plan intérieur, le Hezbollah a critiqué la gestion gouvernementale du secteur de l’électricité, estimant que l’exécutif n’avait pas respecté ses engagements et que le ministère de l’Énergie demeurait incapable d’apporter des solutions à la dégradation du service.

Enfin, le bloc a condamné les nouvelles opérations américaines contre l’Iran, exprimant sa conviction que Téhéran sortirait victorieux de la confrontation et contraindrait Washington à respecter le mémorandum d’entente conclu entre les deux pays. Selon lui, le Liban bénéficierait de l’insistance iranienne à faire de son dossier une priorité dans ce cadre.

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