L'indice des prix de l'Association des consommateurs a enregistré une hausse de 19,05% au cours du premier semestre 2026 (premier et deuxième trimestres), portant sur 140 biens et services essentiels utilisés par les ménages libanais.
Dans un communiqué, l'association souligne que ce chiffre est particulièrement préoccupant, car il représente près du double de l'indice publié par l'Administration centrale de la statistique, qui avoisine les 10% et prend en compte l'ensemble des biens de consommation.
Selon elle, cette différence montre que l'inflation touche principalement les dépenses indispensables des ménages, notamment les transports, les carburants, les fruits et légumes, les viandes, les produits laitiers et les fromages, ainsi que le pain. «En pratique, cela signifie que les difficultés auxquelles sont confrontées les familles libanaises et les résidents se sont aggravées par rapport au taux général de l'inflation», indique le communiqué.
Le pétrole et l'énergie à l'origine de la hausse
L'Association des consommateurs attribue principalement cette augmentation à la flambée des prix du pétrole et de l'énergie à l'échelle mondiale et régionale.
Elle met également en garde contre une nouvelle vague de renchérissement qui pourrait être «encore plus sévère» avec le regain des tensions et des conflits dans la région, ainsi qu'en raison de l'épuisement des stocks de marchandises et de produits essentiels.
Critiques des autorités
L'association estime que la stabilité apparente du taux de change de la livre libanaise n'a pas permis de protéger le pouvoir d'achat des ménages.
Elle affirme qu'aucune politique gouvernementale ou monétaire n'a accompagné la hausse des prix internationaux pour soutenir les citoyens et accuse au contraire les autorités de leur faire supporter l'ensemble des charges à travers l'augmentation des taxes et des redevances, afin de financer le déficit de l'État et ce qu'elle qualifie de «collusion avec les banques et les grands importateurs».
Elle considère également que l'échec persistant à bâtir un État doté d'institutions capables d'assurer les droits fondamentaux des citoyens laisse «des millions de personnes seules face à la pauvreté et aux crises successives».
Appel à un encadrement des prix
Face à cette situation, l'Association des consommateurs appelle le ministère de l'Économie à instaurer des mesures de contrôle immédiates, en fixant des plafonds de marges bénéficiaires pour les biens et services essentiels afin de limiter, selon elle, «la cupidité des grands commerçants et l'exploitation des crises»..
Enfin, l'association estime que le Liban a «un besoin urgent d'un État capable de conduire son peuple vers la sécurité, plutôt que de le laisser sombrer dans la pauvreté et les crises ouvertes»
Évolution des prix au premier semestre selon l'Association des consommateurs
Au premier trimestre 2026, les prix ont progressé de 6,55% par rapport au quatrième trimestre 2025.
- Les légumes ont augmenté de 17,8%.
- Les fruits de 10,2%.
- Les viandes de 14%.
- Les produits laitiers et les fromages de 1,2%.
- Les produits ménagers et d'hygiène de 1,5%.
- Les conserves, huiles et céréales de 5,2%.
- Le prix du pain a reculé de 2,5%.
- Les carburants ont augmenté de 5%.
- Les transports sont restés stables.
- Les télécommunications n'ont enregistré aucune variation.
Au deuxième trimestre 2026, l'indice a progressé de 12,5% par rapport au premier trimestre.
- Les légumes ont augmenté de 2%.
- Les fruits de 22,8%.
- Les viandes de 7%.
- Les produits laitiers et les fromages de 11,5%.
- Les produits ménagers et d'hygiène de 0,2%.
- Les conserves, huiles et céréales ont reculé de 4,2%.
- Le pain a augmenté de 10%.
- Les carburants de 24%.
- Les transports de 49%.
- Les télécommunications de 2,8%.



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