En Irak, Salam plaide pour une intégration économique régionale
Une photographie diffusée par le bureau de presse du gouvernement libanais le 26 décembre 2025 montre le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’exprimant lors d’une conférence de presse après une réunion du Conseil des ministres à Beyrouth, le 26 décembre 2025. ©Bureau de presse du gouvernement libanais / AFP

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé dimanche, à l'issue de ses entretiens à Bagdad avec le président irakien Nizar Amidi et le Premier ministre Ali al-Zaidi, que le Liban entendait renforcer les projets d'intégration économique avec les pays de la région, notamment dans les secteurs de l'énergie, des télécommunications et des transports.

Dans un message publié sur X, M. Salam a indiqué avoir souligné, lors de ses discussions, que Beyrouth était «résolument déterminé à renforcer les projets d'interconnexion et d'intégration stratégique» avec les pays voisins afin de tirer parti des transformations en cours dans la région.

 

«La coopération économique entre les pays de la région constitue un pilier essentiel de la force, de la stabilité et de la prospérité communes», a-t-il déclaré, ajoutant que le Liban souhaitait être «un partenaire actif» de l'Irak dans le développement de ces projets afin d'ouvrir de nouvelles perspectives d'investissement et de soutenir la croissance dans les deux pays.

Renforcer la coopération

Le chef du gouvernement est arrivé plus tôt dans la journée à Bagdad pour une visite officielle consacrée au renforcement de la coopération économique et énergétique entre le Liban et l'Irak, avec en toile de fond la relance du projet d'oléoduc reliant les deux pays via la Syrie.

À son arrivée à l'aéroport de Bagdad, M. Salam, accompagné d'une délégation comprenant notamment le ministre des Finances Yassine Jaber, le ministre de l'Énergie Joe Saddi et le ministre des Télécommunications Charles Hajj, a été accueilli par le ministre irakien des Finances, Faleh Sari, lors d'une cérémonie officielle.

 

Au cœur des discussions figure la réactivation de l'oléoduc Kirkouk-Baniyas-Tripoli, qui acheminait autrefois le pétrole irakien vers la Méditerranée en passant par la Syrie. Les deux parties ont également évoqué la remise en service des installations pétrolières de Tripoli.

Enjeu majeur

Pour Beyrouth, ce projet représente un enjeu économique majeur. Il permettrait de redonner un rôle stratégique au port de Tripoli et à ses infrastructures pétrolières, tout en renforçant la coopération avec l'Irak et la Syrie et en consolidant la position du Liban comme plateforme énergétique en Méditerranée orientale.

Selon plusieurs informations de presse, le projet bénéficierait d'un soutien américain. Dans un premier temps, le pétrole irakien serait transporté par voie maritime jusqu'à Tripoli, avant une remise en service de l'oléoduc, endommagé durant la guerre en Syrie. Les travaux de réhabilitation pourraient durer environ treize mois et le projet générerait, à terme, plus d'un milliard de dollars de retombées économiques annuelles.

La visite intervient quelques semaines après des discussions sur la réactivation des lignes électriques reliant l'Irak, la Syrie et le Liban, illustrant une volonté plus large de renforcer l'intégration énergétique régionale.

Au-delà des questions économiques, ce déplacement revêt également une dimension politique. Le gouvernement libanais cherche à renforcer son ouverture vers les pays arabes après plusieurs années de relations tendues, tandis que l'Irak, qui entretient des liens à la fois avec les différentes composantes politiques libanaises et avec l'Iran, apparaît comme un interlocuteur régional clé.

Cette visite s'inscrit enfin dans la volonté affichée par Nawaf Salam de replacer l'État au centre de la conduite des relations extérieures et des négociations économiques, dans la continuité de son discours sur le monopole de l'État en matière de souveraineté et de décisions stratégiques.

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