Téhéran défend le Hezbollah et accuse Washington d’agression
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, lors d’une conférence de presse à Téhéran. ©AFP

Le ministère iranien des Affaires étrangères a réaffirmé son soutien au Hezbollah, défendant ses armes comme un moyen de protéger «la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Liban face à une occupation qui ne connaît aucune limite».

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a également affirmé que Téhéran ne se préoccupait pas des menaces américaines et qu’il agissait conformément à ses intérêts nationaux. «Nous ne permettrons pas aux États-Unis de déterminer le moment et la durée de la guerre et de la paix», a-t-il déclaré.

Selon lui, «les États-Unis portent la responsabilité de l’agression militaire contre l’Iran lancée le 28 février», accusant certains pays de la région d’avoir participé aux attaques en permettant l’utilisation de leur territoire par les forces américaines.

Esmaeil Baqaei a toutefois affirmé que l’Iran souhaitait maintenir de bonnes relations avec les pays voisins. «Nous n’avons aucune hostilité à leur égard», a-t-il déclaré, tout en appelant les États ayant coopéré avec Washington à «cesser leur implication dans l’agression contre l’Iran».

Critiques contre la Bulgarie et le Royaume-Uni

Le responsable iranien a critiqué la décision de la Bulgarie d’autoriser l’utilisation de l’aéroport de Sofia par les États-Unis pour soutenir des opérations militaires contre l’Iran, qualifiant cette mesure d’«injustifiée et dangereuse».

Il a estimé que cette décision ne reflétait pas la position d’une partie de la population et du Parlement bulgares, rappelant que les relations entre Téhéran et Sofia reposaient depuis des décennies sur le respect mutuel.

Baqaei a également accusé le Royaume-Uni d’être responsable d’avoir permis aux États-Unis d’utiliser ses bases militaires pour soutenir des opérations contre l’Iran.

Nucléaire :Téhéran revendique son droit au titre du TNP

Concernant le dossier nucléaire, le porte-parole iranien a dénoncé les conditions américaines dans les discussions nucléaires avec l’Arabie saoudite, affirmant qu’Israël s’opposait à tout transfert de technologie nucléaire vers la région.

«L’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, dans le cadre du Traité de non-prolifération (TNP), est le droit de tous les pays», a-t-il affirmé.

Il a accusé les États-Unis et leurs alliés de cibler l’Iran précisément parce que Téhéran revendique ses droits au titre du TNP, dénonçant une politique «sélective et contraire au droit».

Pas de négociations directes avec Washington

Baqaei a par ailleurs démenti les informations faisant état de négociations directes entre l’Iran et les États-Unis.

«L’affirmation selon laquelle l’Iran aurait demandé des négociations avec les États-Unis est une fabrication médiatique», a-t-il déclaré, ajoutant que cela «ne correspond absolument pas» à la position de Téhéran.

«À un moment où l’autre partie commet des actes hostiles et une agression, notre priorité est la défense», a-t-il poursuivi.

Il a toutefois indiqué que des médiateurs pouvaient transmettre des messages concernant les évolutions régionales, précisant que les discussions actuelles portaient uniquement sur le détroit d’Ormuz avec le sultanat d’Oman.

Menaces après une attaque ukrainienne contre un navire iranien

Le porte-parole iranien a averti que l’attaque ukrainienne contre un navire iranien «ne resterait pas sans réponse», qualifiant cette action d’«absolument illégale et injustifiée» ainsi que d’«aventure dangereuse».

Selon lui, cette opération constitue une violation de la Charte des Nations unies. Il a appelé les soutiens du président ukrainien Volodymyr Zelensky à empêcher «des conséquences plus larges».

Baqaei a également assuré que l’Iran n’intervenait pas dans les affaires intérieures de l’Ukraine ni dans son conflit avec la Russie.

Tensions avec Paris

Enfin, Esmaïl Baghaï a estimé que c’est la France qui devait présenter des excuses à l’Iran, après la convocation de l’ambassadeur français à Téhéran.

Il a accusé des diplomates français d’avoir mené des activités «sous couvert diplomatique» en violation de la Convention de Vienne de 1961, sous prétexte de soutien à la société civile et aux droits humains.

«Le gouvernement français doit mettre fin à ces interventions sous des slogans trompeurs tels que la promotion des droits humains ou le soutien à la société civile», a-t-il déclaré.

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