L'investissement en or chute, anticipant des hausses de taux d'intérêts
Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, s’exprime lors d’une conférence de presse au siège de la Réserve fédérale le 29 juillet 2026 à Washington, DC. ©WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Les investissements en lingots, pièces ou produits financiers adossés à l'or (ETF) ont fortement baissé au deuxième trimestre, notamment à cause de l'anticipation d'un durcissement de la politique monétaire des banques centrales, selon le Conseil mondial de l'or (CMO).

Les investisseurs ont fait preuve d'une «prudence renforcée par la perspective potentielle de la hausse des taux d'intérêt» à cause des risques inflationnistes sur l'économie du fait de la guerre au Moyen-Orient, explique le rapport du Conseil mondial de l'or.

Or, «il existe historiquement une relation négative entre les taux d'intérêt et l'or», quand ceux-ci montent le métal jaune a tendance à baisser, précise auprès de l'AFP Krishan Gopaul, expert du CMO.

Après être monté à des niveaux records jusqu'à atteindre 5.595,47 dollars l'once en début d'année, le cours de l'or s'est érodé et s'échange désormais autour des 4.000 dollars l'once.

Concernant la demande, cela se traduit par une forte baisse des volumes d'achats d'or en lingots, pièces ou ETF d'or, à 262,2 tonnes au deuxième trimestre 2026 contre 539,2 tonnes au premier trimestre, et 486,8 tonnes il y a un an sur la même période.

Le nouveau patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh a aussi favorisé cette tendance. Ses premières interventions l'ont montré plus enclin à lutter contre l'inflation que ce qui était craint par le marché lors de sa nomination par Donald Trump, ouvertement partisan d'une baisse des taux d'intérêt.

Malgré le recul des achats d'or en volume par les investisseurs, la demande totale pour le métal jaune est restée presque stable au cours du trimestre selon le CMO.

En effet, les achats des banques centrales ont fortement progressé par rapport au premier trimestre de l'année.

«Les banques centrales ont tendance à opérer sur des horizons temporels bien plus longs que les investisseurs privés» et «leurs motivations sont généralement très stratégiques», affirme M. Gopaul pour expliquer la différence d'approche.

Il y aurait aussi eu des «volumes énormes d'achats d'or en Asie sur le marché de gré à gré (OTC)», indique l'expert du CMO. Ce type d'échanges n'est «pas directement observable» mais estimé en regardant «des indicateurs résiduels» et donc à prendre avec plus de précautions.

En omettant le marché de gré à gré, la demande d'or a baissé de 14% en glissement annuel, et de 7% par rapport au premier trimestre 2026.

AFP

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