Riyadi garde les clés du royaume
Riyadi a prolongé son hégémonie sur le basket national malgré la résistance farouche de La Sagesse dans une finale disputée jusqu’au septième match. ©Sarkis Yeretsian

Riyadi a dominé La Sagesse 100-79, lundi soir à Manara, et conservé son titre de champion du Liban au terme du septième et dernier acte de la finale. Mené après un premier quart équilibré, le club jaune a fait exploser les Verts avant la pause, puis contrôlé la rencontre pour décrocher un quatrième sacre consécutif et prolonger son règne sur le basket national.

Riyadi a vacillé au cours de cette finale, mais pas dans le match qui attribuait le titre. Poussé jusqu’à la belle par une équipe de La Sagesse intraitable à Ghazir, le champion sortant a défendu son parquet une quatrième fois et conclu la série sur une victoire sans appel.

Après six succès exclusivement obtenus par l’équipe qui recevait, la loi du terrain aura tenu jusqu’au bout. Riyadi remporte les matches 1, 3, 5 et 7 à Manara. La Sagesse repart avec ses trois victoires à Ghazir, mais devra encore patienter avant de retrouver un titre national qui lui échappe depuis 2004.

La Sagesse part sur les chapeaux de roue

Les Verts avaient pourtant parfaitement lancé cette rencontre décisive. Agressifs dans les duels, appliqués dans la circulation et capables de répondre à chaque accélération de Riyadi, ils ont absorbé la pression de Manara pendant dix minutes.

Le premier quart a donné lieu à un chassé-croisé permanent. Dusan Miletic a immédiatement pesé près du cercle pour Riyadi, tandis que Deshawndre Washington, Sekou Doumbouya, Tyrell Harrison et Gérard Hadidian ont maintenu La Sagesse dans le rythme.

Kouat Noi avait redonné une courte avance au club jaune dans la dernière minute, mais Washington a converti deux lancers francs à deux secondes du buzzer pour permettre aux Verts de virer en tête, 24-23.

La Sagesse avait alors réussi exactement ce qu’exigeait une belle à l’extérieur: tenir les duels, contrôler le tempo et empêcher Riyadi de courir.

Dix minutes pour faire basculer le titre

Tout s’est inversé dès le début du deuxième quart. La Sagesse a inexplicablement perdu sa concentration, sa circulation et sa discipline. Les possessions sont devenues plus courtes, les choix plus forcés et le repli défensif beaucoup moins rigoureux.

Riyadi n’en demandait pas davantage. Le club de Manara a ouvert la période par un 10-1 et renversé le rapport de force sans laisser aux Verts le temps de se réorganiser.

Amir Saoud a accéléré le jeu, Miletic a continué à fixer la défense et Noi a attaqué les intervalles. Karim Zeinoun a surtout pris feu: 11 points dans ce seul quart, avec trois tirs primés pour sanctionner les retards défensifs de La Sagesse.

Riyadi a remporté la période 32-15 et compté jusqu’à 18 longueurs d’avance, 55-37. Un dernier panier de Harrison a ramené les Verts à 55-39 à la pause, sans modifier l’impression générale.

En dix minutes, La Sagesse avait dilapidé tout ce qu’elle avait construit dans le premier quart. Riyadi contrôlait désormais le rythme, les tirs ouverts et les secondes possessions.

Zeinoun ferme la porte

La pause n’a pas remis La Sagesse dans le sens du jeu. Après s’être égarés dans le deuxième quart, les Verts ont continué à subir au retour des vestiaires.

Zeinoun a poursuivi son chantier derrière l’arc, tandis que Hayk Gyokchyan, Miletic et Ronald March ont entretenu le débit offensif. Chaque tentative de rapproché a été suivie d’une réponse immédiate du champion.

L’écart a atteint 26 points, 79-53. Washington a bien sonné une réaction tardive pour limiter les dégâts et ramener La Sagesse à 80-64 avant la dernière période, mais le rapport de force ne faisait plus de doute.

Les deux équipes avaient inscrit 25 points dans le troisième quart. Riyadi n’avait donc pas creusé davantage l’écart, mais il n’avait jamais perdu la maîtrise. Le club jaune gérait son avance, alors que La Sagesse devait désormais réussir un retour presque irréel en dix minutes.

Les Verts à l’assaut, Riyadi en contrôle

Dans le dernier quart, La Sagesse s’est lancée à l’assaut du cercle adverse dans une tentative désespérée de revenir au score. Doumbouya, Hadidian, Washington et Youssef Khayat ont augmenté le rythme, multiplié les prises de risque et cherché à provoquer rapidement.

Riyadi n’a pourtant jamais perdu la mainmise sur la rencontre. Gyokchyan a répondu aux premières accélérations vertes, Zeinoun a poursuivi son festival extérieur et Saoud a sécurisé l’avance sur la ligne des lancers francs.

À 3’02 du terme, Riyadi menait encore 91-76. La Sagesse avait augmenté son volume offensif, sans jamais parvenir à ramener l’écart sous un seuil susceptible de faire douter Manara.

Zeinoun a encore frappé, avant que Miletic n’enfonce les deux derniers clous près du cercle. À 1’30 du buzzer, Riyadi avait franchi la barre des 100 points et repoussé son rival à 21 longueurs, 100-79.

Les dernières possessions n’étaient plus qu’un compte à rebours vers le sacre. Riyadi contrôlait le ballon, Manara célébrait déjà et le coup de sifflet final consacrait une victoire construite dans le deuxième quart, puis gérée avec autorité jusqu’au bout.

L’absence d’Arakji n’aura pas fait tomber Riyadi

La blessure de Wael Arakji lors du match 2 aurait pu faire basculer toute la série. Riyadi perdait son principal créateur, son organisateur sur pick-and-roll et son recours naturel lorsque les possessions se détériorent.

Son absence a forcément modifié le jeu du champion. Les attaques ont parfois été moins fluides, les responsabilités plus lourdes et les séquences offensives plus coûteuses. Mais elle n’aura finalement pas pesé au point d’empêcher Riyadi d’aller au bout.

Ahmad Farran a redistribué les rôles. Saoud et Ali Mansour ont partagé la conduite du jeu. Zeinoun et Gyokchyan ont donné le ton des deux côtés du parquet. March et Noi ont assumé davantage de tirs, tandis que Miletic a servi de point d’ancrage à l’intérieur.

Dans la belle, cette adaptation collective a atteint sa forme la plus aboutie. Riyadi n’a pas remplacé Arakji. Il a appris à gagner autrement.

Présent à Manara malgré sa blessure, le meneur a suivi la rencontre appuyé sur une béquille, encourageant constamment ses coéquipiers depuis le bord du terrain. Au coup de sifflet final, il n’a plus contenu sa joie: sa béquille s’est transformée, l’espace de quelques secondes, en bâton de danse au milieu des célébrations jaunes.

Une finale à la hauteur malgré ses tribunes

Cette série aura aussi été polluée par les injures personnelles, les attaques contre les familles et la haine réciproque de deux publics toujours prompts à dénoncer les excès de l’autre tout en relativisant les leurs.

Cette indignation sélective aura été aussi prévisible que médiocre. La Fédération libanaise a dû intervenir, sanctionner et rappeler qu’une rivalité ne donne aucun permis d’humilier. Manara et Ghazir peuvent être bruyantes, hostiles et irrespirables sportivement sans devenir des concours de vulgarité.

En dépit de ces débordements, la finale aura tenu ses promesses. Sept matches, des réponses permanentes, des ajustements tactiques, deux salles pleines et une opposition qui aura tenu le pays en haleine jusqu’au dernier soir.

La Sagesse aura poussé Riyadi dans ses derniers retranchements. Elle lui aura infligé sa plus lourde défaite de la série, arraché un match 7 et cru au retour au sommet. Il lui aura finalement manqué dix minutes de concentration dans le rendez-vous qui ne pardonnait rien.

Le trône reste à Manara

Riyadi ajoute un quatrième titre consécutif à une domination déjà solidement installée. Ce sacre n’aura pas été conquis dans une maîtrise permanente, mais dans la résistance, l’adaptation et l’expérience des matches sans lendemain.

La Sagesse a remis la rivalité au centre du championnat et considérablement réduit l’écart entre les deux clubs. Mais son long hiver se poursuit: son dernier titre national reste celui de 2004.

Riyadi, lui, aura perdu Arakji, subi la pression de Ghazir et été poussé jusqu’au septième acte. Dans le match décisif, il a rappelé qu’un champion se reconnaît aussi à sa capacité à frapper lorsque tout se joue.

La couronne n’a pas changé de tête. Les clés du royaume restent à Manara.

 

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