Le FMI se félicite de la reprise économique en Syrie
Entrée du bâtiment du Fonds monétaire international à Washington. ©Shutterstock

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est félicité mardi de la reprise économique en cours en Syrie, après la visite d'une de ses équipes sur place fin juillet afin de «faire le point sur les conditions économiques» dans le pays.

«La reprise économique en Syrie s'accélère. La croissance devrait dépasser les 10% cette année, malgré le conflit en cours au Moyen-Orient», a relevé dans un communiqué Ron van Rooden, le responsable de la mission de l'institution sur place.

Afin de poursuivre sur cette lancée, le Fonds s'est entendu avec le gouvernement afin de lui apporter une assistance technique, notamment pour mener à bien les réformes budgétaires nécessaires et la gestion de la dette publique héritée de l'ancien régime.

Elle devrait également porter sur un renforcement du secteur financier et reconstruire le secteur bancaire syrien, particulièrement mal en point après la guerre civile.

La relance s'explique notamment par une très bonne année pour l'agriculture locale, l'un des principaux secteurs pourvoyeurs de croissance dans le pays, la hausse de la production d'hydrocarbures dans l'est du pays et le retour des réfugiés partis durant le conflit sanglant qui a secoué la Syrie.

Environ 1,5 million de Syriens sont d'ores et déjà rentrés chez eux, sur les plus de six millions qui ont fui durant la guerre civile.

Tout n'est cependant pas encore positif sur le plan économique: si l'inflation avait fortement ralenti en 2025, elle est franchement remontée cette année, a souligné le FMI, sans préciser l'ampleur de la hausse.

Une inflation qui s'explique par «une hausse des prix à l'importation, en particulier de l'alimentation et de l'énergie, du fait du conflit régional, mais également à cause d'une forte demande intérieure», a détaillé M. van Rooden.

Autre cause, le rattrapage des salaires de la fonction publique «qui étaient à des niveaux particulièrement bas et ont permis d'améliorer le pouvoir d'achat».

Sur le plan financier, les revenus de l'État s'améliorent très sensiblement, avec un budget en léger surplus en 2025 et une hausse des rentrées fiscales attendues cette année.

Les défis sont encore nombreux, notamment du fait «des importants besoins humanitaires et de développement», qui nécessitent, selon le FMI, «un soutien fort financier international».

Pour l'instant, le gouvernement syrien n'a pas fait de demande de programme d'aide financière auprès du Fonds. Une telle requête serait cependant conditionnée par un réalignement de la dette extérieure du pays, potentiellement via une restructuration.

La Banque mondiale a en revanche repris depuis environ un an ses programmes d'aide en Syrie.

La guerre civile, déclenchée en 2011, a fait plus de 500.000 morts, plusieurs millions de déplacés et dévasté le pays, morcelé en plusieurs zones d'influence.

AFP

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