Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en visite en RDC où se propage une épidémie d'Ebola d'une ampleur inédite, a appelé mercredi sur X à «intensifier» la riposte et à mieux protéger les personnels en première ligne.
Vaste pays de plus de 100 millions d'habitants, la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré le 15 mai avec plusieurs semaines de retard une 17ᵉ épidémie d'Ebola dans des provinces de l'est et du nord-est.
Un total de 3.874 cas confirmés, dont 1.751 décès, ont été signalés par les autorités de la RDC depuis le début de l'épidémie.
L'épidémie la plus meurtrière qu'ait connue le pays avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés entre 2018 et 2020.
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé mardi à Kinshasa, capitale de la RDC, où il doit notamment rencontrer le président Félix Tshisekedi, a indiqué mercredi à l'AFP un représentant de l'OMS.
Le patron de l'OMS a déclaré sur X mercredi qu'il «est urgent d'intensifier massivement l'ensemble de nos efforts», après avoir rencontré à Kinshasa les organisations impliquées dans la riposte.
Il a notamment plaidé pour que les agents de santé «disposent de la protection, de la formation et du soutien dont ils ont besoin».
La flambée actuelle est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n'existe jusqu'à présent ni vaccin, ni traitement. Elle frappe des régions où la présence de l'État est fragile et les infrastructures de santé largement démunies.
À Mongbwalu, une localité minière de l'Ituri, des employés d'un centre de traitement d'Ebola ont manifesté lundi pour réclamer le paiement et l'augmentation de leurs primes par le gouvernement, avant d'être dispersés par des tirs de sommation de la police, selon des sources hospitalières.
Ces primes qui varient entre 7 et 12 dollars par jour «n'ont pas été payées depuis trois mois», a affirmé à l'AFP le docteur Alexis Bokole, représentant des manifestants.
«Pourtant, nous avons accepté d'accomplir nos missions avec abnégation et courage, malgré le mépris de certains membres de la communauté et les risques liés à cette maladie», a-t-il ajouté.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.
L'épidémie en cours s'est propagée ces deux derniers mois à cinq provinces de la RDC (l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo).
Fin juillet, un volontaire a reçu la première dose d'un vaccin contre le variant Bundibugyo, développé par l'université d'Oxford (Royaume-Uni), qui utilise la même technologie que le vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca.
Un autre vaccin présenté par l'OMS comme «le plus prometteur», le «rVSV Bundibugyo», va également être développé par Hilleman Laboratories, basé à Singapour.
Mardi, le Canada a par ailleurs autorisé le géant pharmaceutique américain Moderna à lancer des essais cliniques pour un autre vaccin contre la souche Bundibugyo.
Plusieurs initiatives visent également à tester rapidement des traitements contre la souche Bundibugyo, notamment les antiviraux remdesivir et obeldesivir, ainsi qu'un anticorps monoclonal appelé MBP134.
AFP



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