L'État compte ses motos. La rue, elle, ne compte pas.
©Ici Beyrouth

19 318 : C'est le nombre de motos et de quads (ATV) immatriculés auprès de l'Office de la circulation (Nafaa) entre décembre 2025 et juin 2026. Les immatriculations sont passées de 2 331 en décembre 2025 à 2 929 en janvier, 3 916 en février, avant de retomber à 1 560 en mars en raison de la guerre et de la fermeture du centre de Nabatiyé. Elles ont ensuite repris leur progression avec 2 079 en avril, 2 532 en mai et 3 971 en juin.

Si ce total reste modeste au regard des quelque 800 000 motos introduites au Liban ces dernières années, il traduit néanmoins la volonté des autorités de reprendre le contrôle d'un secteur longtemps marqué par l'anarchie.

Cette évolution est le résultat de plusieurs mesures adoptées par le ministre de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, dont la décision n° 1929 interdisant la vente d'une moto ou d'un quad – neuf ou d'occasion importé – avant son immatriculation officielle. Le ministère a également plafonné les frais de formation à la conduite et d'obtention du permis, tandis que la Nafaa a renforcé les capacités de sa plateforme électronique afin d'accélérer les procédures d'immatriculation.

Motos hors-la-loi : l'impunité roule toujours

Malgré ces avancées, les motos circulant en infraction continuent de semer le danger dans les rues et ruelles des quartiers densément peuplés. Si les décisions prises par le ministre de l’Intérieur pour encadrer leur circulation sur les routes et les autoroutes ont produit certains effets, les professionnels du secteur les jugent encore insuffisants. Leur message est sans équivoque : les forces de l’ordre ne doivent surtout pas relâcher la pression. Contrôles inopinés, barrages mobiles et opérations coup de poing doivent devenir le quotidien des motards qui enfreignent la loi.

Lorsqu’une moto en infraction percute une voiture, son conducteur disparaît souvent avant même que l’automobiliste n’ait le temps de s’arrêter. Et lorsque l’accident fait des blessés, le cauchemar ne fait que commencer. Pour le conducteur de la voiture, les procédures judiciaires et les démarches auprès des assurances peuvent se transformer en un véritable parcours du combattant, même lorsque la justice et son assureur finissent par lui donner raison. Une affaire à suivre.

 

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