Deux mois après avoir été empêché d’arbitrer la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, Omar Artan retrouve la lumière par la grande porte. Le Somalien de 34 ans dirigera à Salzbourg la Supercoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain et Aston Villa. Une désignation historique: il sera le premier arbitre non européen à officier dans cette compétition.
Il devait entrer dans l’histoire au Mondial. Il le fera finalement en Europe. Omar Artan sera au sifflet, mercredi à Salzbourg, lors de la Supercoupe opposant le Paris Saint-Germain, vainqueur de la Ligue des champions, à Aston Villa, lauréat de la Ligue Europa.
À 34 ans, le Somalien deviendra le premier arbitre non européen à diriger ce rendez-vous organisé chaque année par l’UEFA. Une affiche de prestige qui prend une dimension particulière au regard de ce qu’il a vécu deux mois plus tôt.
Le Mondial s’arrête à Miami
Retenu par la FIFA parmi les arbitres de la Coupe du monde 2026, Artan devait déjà devenir le premier Somalien à officier dans un Mondial. Son aventure s’est pourtant arrêtée avant même le coup d’envoi de la compétition.
Arrivé à l’aéroport de Miami le 6 juin avec un visa valide, il s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis par les services américains de contrôle aux frontières et a dû rentrer en Somalie.
La Somalie figurait parmi les pays visés par les restrictions d’entrée instaurées par l’administration américaine. Un responsable américain avait affirmé qu’Artan avait été refoulé pour des raisons liées aux contrôles de sécurité. Aucun élément public n’est toutefois venu établir les soupçons évoqués à son encontre.
Pour l’arbitre, le coup était avant tout sportif. Des années de travail venaient de déboucher sur une sélection pour la plus grande compétition de football au monde, avant qu’une décision administrative ne mette brutalement fin à l’aventure.
«C’était une période très difficile», a-t-il reconnu à l’approche de son rendez-vous européen.
De Mogadiscio à Salzbourg
Son parcours avait pourtant largement justifié sa présence au Mondial. Arbitre international FIFA depuis 2018, Omar Artan avait été le premier Somalien à officier lors d’une Coupe d’Afrique des nations en 2024.
Il est également devenu le premier arbitre de son pays à diriger une finale de Ligue des champions africaine, avant d’être élu meilleur arbitre masculin de la CAF en 2025.
Quelques jours seulement après son refoulement aux États-Unis, l’UEFA annonçait sa désignation pour la Supercoupe, dans le cadre de la coopération entre l’instance européenne et la Confédération africaine de football.
Le symbole est fort.
À Salzbourg, Artan sera accompagné de deux assistants africains: le Djiboutien Liban Abdoulrazack Ahmed et le Kényan Stephen Eleazar Onyango Yiembe.
Pour préparer ce rendez-vous, le Somalien a continué à arbitrer dans son pays ainsi que dans le championnat du Koweït, tout en étudiant le jeu et les habitudes du PSG et d’Aston Villa.
Deux mois après le rendez-vous manqué avec la Coupe du monde, Omar Artan se retrouve donc au centre d’une des premières grandes affiches de la saison européenne.
Et son message, à la veille de cette soirée particulière, tient en quelques mots: «N’arrêtez jamais de rêver.»




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