Il est particulièrement paradoxal que le Liban ait aboli la peine de mort, conformément à la logique générale qui prévaut dans les pays développés respectueux des droits de l’homme, alors même qu’une condamnation à mort a été prononcée par contumace contre le criminel déchu Bachar el-Assad.
Il est naturel qu’une personne progressiste soit, par principe, opposée à la peine de mort, pour deux raisons.
La première est que le meurtre ne saurait constituer une punition. La mort peut parfois représenter une échappatoire aux remords, lorsqu’ils existent, et revient à infliger une sanction aussi cruelle que le crime lui-même.
La deuxième est que toutes les études, données et statistiques ont montré que, dans les pays où la peine de mort a été appliquée, le taux de criminalité n’a pas diminué. Cette peine n’a pas d’effet dissuasif sur les criminels, en particulier ceux souffrant de troubles psychologiques chroniques susceptibles de les conduire au crime.
Mais, d’un autre côté, et peut-être en raison de notre faiblesse humaine face aux assassins et aux auteurs des crimes les plus graves, nous ne pouvons cacher notre joie à l’annonce de la condamnation à mort de Bachar el-Assad.
Assad n’était pas responsable d’un seul crime, ni d’un seul acte terroriste. C’est un individu malade qui, depuis son accession au pouvoir en 2000, a infligé les pires fléaux à la région, de Damas à Beyrouth. Il a fait emprisonner des opposants en Syrie et est responsable des atrocités commises dans les prisons, révélées après sa chute, ainsi que de la mort de dizaines de milliers de Syriens lors de la révolution syrienne.
Il a également contribué à la destruction du Liban, causant la mort de dizaines de personnes, des détentions et d’innombrables opérations de répression politique.
Un tel individu mérite d’être exécuté au cœur de Damas, sur une place publique, sous les yeux du monde entier, afin de servir d’exemple à tous ceux qui pensent que le pouvoir consiste à réprimer et à imposer la force, plutôt qu’à protéger les populations et à garantir leur sécurité et leur stabilité.
Le régime Assad a, pendant de longues années, mis à mal les ressources et les capacités de l’État syrien comme de l’État libanais. De tout ce qu’il a commis, il ne reste aujourd’hui que des souvenirs douloureux.
Dans ce cas précis, la peine de mort n’est pas une fin en soi, mais une nécessité incontournable à laquelle on ne peut se soustraire. Tous ceux qui ont souffert des crimes et des exactions d’Assad, à tous les niveaux, au Liban comme en Syrie, méritent de le voir puni, en hommage à tous les martyrs et pour leur apporter une forme de soulagement.
Après cela, nous pourrons abolir la peine de mort et, pourquoi pas, considérer que tout peut recommencer à zéro une fois le dictateur criminel enfin puni.



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