Trois matchs, trois défaites et une élimination dès la phase de groupes. Arrivé à Ahmedabad auréolé d’un parcours parfait dans les qualifications de l’Asie de l’Ouest, le Liban n’a pas réussi à transposer son élan à l’échelle continentale. Battus de peu par Bahreïn puis par la Syrie, les U18 ont terminé lundi sur une lourde défaite face à la Nouvelle-Zélande (62-113). Un bilan sévère, qui ne gomme pas quelques promesses, mais rappelle surtout le travail qui reste à accomplir.
Un mois plus tôt, tout semblait pourtant sourire à cette génération.
À Amman, le Liban avait survolé les qualifications WABA avec cinq victoires en cinq matchs, battant notamment la Syrie (79-71) avant de faire tomber l’Iran (74-73) dans le match décisif. De quoi débarquer en Inde avec des certitudes et l’ambition légitime de franchir la phase de groupes.
Ahmedabad a rapidement refroidi cet enthousiasme.
Bahreïn, le premier avertissement
Face à Bahreïn, le Liban a d’abord couru après le score. Mené jusqu’à 21 points, il a pourtant refusé de lâcher et remporté le dernier quart-temps 25-16 pour revenir dans le rétroviseur de son adversaire.
Trop tard. Bahreïn s’est imposé 74-68, laissant derrière lui le sentiment d’un match qui aurait pu tourner autrement avec une meilleure entame. Johnny Sawma avait alors porté l’attaque avec 27 points, tandis que Charbel El Herera, 16 ans, signait un rare triple-double avec 12 points, 13 rebonds et 11 passes.
Il y avait donc matière à rebondir.
La Syrie, le vrai tournant
Le deuxième rendez-vous était sans doute le plus important. Face à une Syrie que le Liban avait battue quelques semaines auparavant en WABA, il fallait remettre la marche avant.
Mais une nouvelle fois, les Libanais ont raté leur départ, encaissant les neuf premiers points du match. Ils ont ensuite passé leur soirée à recoller sans jamais réussir à mettre le nez devant.
Mené de dix points à moins de quatre minutes de la fin, le Liban est revenu à quatre longueurs dans les dernières secondes. Là encore, le sursaut n’a pas suffi: 72-64 pour la Syrie. Cette défaite a fait beaucoup plus mal que la première, car elle plaçait pratiquement la qualification hors de portée.
Deux matchs, deux scénarios assez proches: des entames mal maîtrisées, beaucoup d’énergie dépensée pour revenir et, au bout, aucun point au classement.
La Nouvelle-Zélande, changement de catégorie
Lundi, face à la Nouvelle-Zélande, il n’y a cette fois pas eu de suspense.
Les Junior Tall Blacks ont imposé leur puissance et leur rythme dès l’entre-deux: 25-10 après dix minutes, 58-31 à la pause, puis 113-62 au buzzer.
Les chiffres sont sans appel. La Nouvelle-Zélande a shooté à 60%, dont un impressionnant 72,9% à deux points, contre 38% de réussite globale pour le Liban. Johnny Sawma, avec 14 points, termine meilleur marqueur libanais d’une rencontre où l’écart a atteint 56 unités.
Le revers est lourd. Il faut cependant rappeler que la Nouvelle-Zélande avait atteint la finale de la précédente Coupe d’Asie U18 en 2024. Cela situe le niveau de l’adversaire, sans pour autant effacer l’ampleur de l’écart constaté lundi.
Un bilan à regarder en face
Sur le papier, trois défaites donnent un verdict brutal. Dans le détail, les deux premières se sont jouées à six et huit points. C’est surtout la claque néo-zélandaise qui donne au différentiel général son allure très sévère.
Il serait donc excessif de jeter tout le tournoi avec l’eau du bain.
Cette équipe a montré quelques individualités intéressantes. Le triple-double d’El Herera, l’activité de Sawma ou les séquences de réaction entrevues contre Bahreïn et la Syrie constituent des points d’appui.
Mais le tournoi a aussi mis en évidence des limites difficiles à contourner à ce niveau: entrer plus vite dans les matchs, tenir l’intensité pendant quarante minutes, défendre avec davantage de constance et rester compétitif lorsque le rythme monte d’un cran.
La Coupe d’Asie U18 ne laisse guère le temps d’apprendre en cours de route. Seuls les trois premiers de chaque groupe poursuivent leur parcours, et les quatre demi-finalistes décrocheront un billet pour le Mondial U19 2027. Avec trois défaites, le Liban quitte donc Ahmedabad dès le premier tour.
La déception est réelle, surtout après un WABA parfait qui avait nourri d’autres attentes.
Mais chez les U18, un tournoi ne doit pas seulement dire où l’on est. Il doit surtout montrer la distance qui reste à parcourir.
À Ahmedabad, le Liban vient d’en prendre la mesure.




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