Un tiers des navires que l'autorité maritime iranienne chargée du détroit d'Ormuz a recensés dimanche comme ayant enfreint les règles de transit iraniennes, et menacés de confiscation, ont déjà été attaqués au cours des six premiers mois de guerre, selon une analyse de données croisées par l'AFP.
Depuis le déclenchement du conflit en Iran fin février, Téhéran cherche à imposer un couloir de navigation spécifique dans le détroit pour le verrouiller et contrôler les passages maritimes dans ce goulet stratégique.
L'Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA), dont Téhéran a formalisé la création en mai, a dévoilé dimanche soir sur son compte X une liste de 45 navires qui encourent de futures «restrictions» lors de leurs prochaines traversées du détroit telles que des «amendes, saisies ou confiscations». Ces représailles font suite à de précédentes «violations» des règles de transit iraniennes, indique l'autorité maritime.
Parmi cette liste, au moins 14 bateaux ont déjà payé le prix d'une traversée devenue dangereuse depuis le début du conflit. Ils ont été endommagés à la suite d'incidents dans le détroit d'Ormuz ou autour, qui ont été confirmés par l'Organisation maritime internationale. Tous sont classés comme des attaques par l'agence maritime britannique UKMTO, qui ne précise pas les auteurs.
La quasi-totalité de ces attaques ont eu lieu près des côtes d'Oman, le long d'un itinéraire soutenu par les États-Unis et interdit par l'Iran.
La grande majorité de ces bateaux, soit 39, sont des transporteurs de matières premières qui ont traversé le détroit d'Ormuz au moins une fois depuis début mars, selon une analyse AFP des données de la plateforme de suivi de flux maritimes Kpler. Certains, comme le pétrolier Al Bahyah, victime d'un incident fatal pour l'un de ses membres d'équipage en juillet, l'ont même traversé jusqu'à 12 fois, selon Kpler.
Parmi les plus de 170 traversées par ces navires de matières premières recensées par Kpler sur cette même période, 75 avaient pour arrêt suivant un port des Émirats arabes unis, tandis que quelque 70 y avaient effectué leur dernier chargement.
Par ailleurs, au moins un tiers des bateaux sur la liste iranienne sont détenus par des entreprises émiraties, selon les données de Kpler.
D'autres bateaux pourraient être ajoutés à cette liste noire s'ils effectuent des transferts avec ceux déjà nommés, a également indiqué la PGSA sur X.
AFP



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