«Le Hezbollah a constitué, pendant des décennies et jusqu’à aujourd’hui, un véritable parapluie pour les hors-la-loi et les réseaux de contrebande. Quant aux aides, elles restent très limitées, tandis que les catastrophes qu’il a provoquées sont le résultat de son imprudence et de son irresponsabilité face aux conséquences et aux difficultés engendrées par ses actes.»
Il y a deux jours, plusieurs signes ont révélé un fort mécontentement au sein des clans de Baalbeck-Hermel à l’égard du Hezbollah, de sa politique et de son autorité répressive et hautaine envers ceux qui le contestent. Un fossé semble également se creuser au sein de cette communauté dans la région, alors que l’inquiétude grandit face au mécontentement des clans envers la formation pro-iranienne, qui continue de prendre ses décisions en fonction d’intérêts extérieurs, notamment ceux de l’Iran.
Après cette mobilisation rendue publique, la situation a rapidement évolué. Comme à son habitude, le Hezbollah a eu recours aux pressions pour démentir toute information susceptible de nuire à ses intérêts. Les messages sont parvenus aux clans et aux familles, qui ont finalement renoncé à leur mouvement dans un communiqué venant complètement inverser la situation. Celui-ci démentait les informations diffusées par certaines chaînes arabes et certains sites locaux, tandis que la chaîne Al-Manar a, comme à son habitude, été la première à relayer le démenti attribué aux clans et aux familles.
Par ailleurs, des voix issues des clans de Baalbeck-Hermel ont déclaré au site Houna Loubnan que «la situation n’est plus tenable. Le Hezbollah, désormais à découvert, met en péril l’avenir du pays tout entier, mais aussi celui de la communauté qui a payé un lourd tribut à son imprudence et à ses erreurs à répétition.
Les clans sont conscients de la délicatesse de la situation au sein de la communauté chiite et de leur responsabilité face aux dangers liés aux armes illégales auxquelles le Hezbollah continue de s’accrocher. Il est désormais clair que ces armes n’ont protégé ni les chiites ni la souveraineté du pays. Elles ont au contraire conduit les membres de la communauté chiite à perdre leurs terres et leurs maisons au Liban-Sud. Et, à en croire la situation actuelle, il n’est pas certain qu’ils puissent un jour y retourner. La réalité est pourtant évidente.»
Ces voix ont appelé à organiser les rangs des opposants afin de faire émerger un discours national rassembleur, favorable au renforcement de l’État et au monopole des armes légales. Elles n’ont pas non plus nié avoir subi des pressions de la part du Hezbollah, qui a tenté de faire circuler de fausses informations selon lesquelles leur mobilisation aurait été lancée à la suite de consignes venues de l’intérieur comme de l’extérieur du pays.
Elles ont affirmé que leur démarche était motivée par leur inquiétude quant à l’avenir de la communauté chiite, que le Hezbollah a entraînée sur une voie qu’elle ne souhaitait pas emprunter, au point qu’une grande partie de la communauté se retrouve aujourd’hui déplacée et sans domicile dans son propre pays, tandis que les promesses d’aide n’ont été que très partiellement tenues.
Autrement dit, le Hezbollah n’aurait pas mesuré les conséquences de décisions prises à l’aveugle, qui ont entraîné le Liban et les Libanais vers l’inconnu.
Les représentants des clans estiment donc que le moment est venu d’une mobilisation collective, appelée à se transformer un jour en ce qui pourrait s’apparenter à un véritable soulèvement. Ils affirment également que la majorité des clans et des familles souhaitent voir l’État libanais retrouver pleinement son rôle et regrettent l’absence prolongée de l’État dans les régions de Baalbeck-Hermel, une situation qui a permis au Hezbollah de se substituer à lui dans certains domaines.
«Nous avons toujours misé sur l’État libanais, et notre position n’a pas changé : nous voulons qu’il exerce son autorité sur l’ensemble du territoire national, qu’il détienne le monopole des armes et de la décision de guerre et de paix, et qu’il assure la défense de la souveraineté du Liban et de son peuple, tout en faisant face à Israël par l’intermédiaire de l’armée libanaise uniquement.»
Les voix opposées ont également fait part de leur inquiétude face au risque d’isolement de la communauté chiite, désormais confrontée à une partie des Libanais qui rejettent les politiques menées par le Hezbollah. Des politiques qu’elles jugent désastreuses, ayant plongé les chiites et le Liban dans une situation catastrophique, tandis que le mouvement continue de faire comme si de rien n’était et d’agiter les étendards d’une victoire de façade qui l’a rendu la risée de tous.
La communauté se retrouve ainsi au fond du gouffre, après avoir entraîné dans sa chute une base populaire qui, autrefois, lui servait de soutien.
Les représentants des clans reconnaissent que le Hezbollah avait, par le passé, tissé des liens solides avec eux et qu’il s’était souvent présenté comme un refuge et une protection sur le plan sécuritaire, à une époque où l’État était absent. Mais aujourd’hui, les pertes sont devenues considérables, à tous les niveaux, et la situation est bien plus grave que ce que nous pensions ou que ce que nous tentions, tant bien que mal, d’accepter.
Une grande partie des clans et des familles souhaite désormais, et dans les plus brefs délais, recouvrer une décision clanique libre, indépendante des choix et des décisions des formations politiques.
Parmi les clans et les familles qui contestent la position du Hezbollah, certains membres des familles Hamadé et Chamas ne cachent pas leurs divergences avec le mouvement. C’est notamment le cas des Hamadé, qui occupent une place historique importante dans la région depuis l’époque du défunt Sabri Hamadé.
Selon les informations rapportées, la mobilisation aurait également concerné certains clans de la Békaa-Ouest et de l'Akkar, dans le cadre d’une coordination plus large. Celle-ci reste toutefois discrète pour le moment, après la publication du communiqué de démenti qui, selon ces mêmes sources, aurait été rédigé sous la pression du Hezbollah.
Concernant les promesses du Hezbollah d’apporter une aide financière et de fournir des logements, les voix issues des clans ont souligné que le mouvement avait, pendant des décennies et jusqu’à aujourd’hui, servi de paravent aux hors-la-loi et aux réseaux de contrebande. Quant aux aides, elles restent très limitées, tandis que les catastrophes provoquées par le Hezbollah sont, selon elles, le résultat de son imprudence et de son irresponsabilité face aux conséquences et aux difficultés engendrées par ses actes.
Les représentants des clans ont également rappelé les slogans lancés à leurs partisans, tels que «l’unité des fronts et le soutien», «Nous protégeons et nous construisons», ainsi que toutes ces illusions qui ont plongé leur environnement dans une profonde confusion.
Ils ont conclu: «Il n’y a pas d’autre solution que de remettre les armes et de hisser haut le drapeau de l’État libanais.»



Commentaires