40 cents / kWh: le prix qui étouffe l’industrie libanaise
©Ici Beyrouth

40 cents le kilowattheure au Liban, contre moins de 5 cents en moyenne dans les pays voisins : cet écart illustre l’un des principaux handicaps des industries énergivores libanaises. Dans un contexte d’incertitude sécuritaire et économique, certaines sont désormais confrontées à un choix de plus en plus difficile : réduire leurs activités, délocaliser ou fermer.

L’industrie nationale continue pourtant de résister, comme elle l’a toujours fait, grâce aux efforts du secteur privé. Mais pour les activités à forte consommation d’énergie, le prix de l’électricité alourdit fortement les coûts de production et réduit la compétitivité. À cette charge s’ajoute la suppression du tarif industriel, qui a encore alourdi la facture des entreprises.

La fermeture d’une usine d’aluminium

Les conséquences sont déjà concrètes. La fermeture de la première usine d’aluminium du Moyen-Orient illustre les difficultés auxquelles se heurtent les entreprises les plus dépendantes de l’électricité au Liban. La hausse du prix de l’énergie aurait rendu son activité difficilement viable, sans qu’aucune mesure significative soit prise pour empêcher sa disparition. Cette fermeture affecte désormais des centaines d’emplois.

Les exportateurs doivent également composer avec des coûts logistiques élevés. Malgré la levée, par l’Arabie saoudite, de l’interdiction visant les produits libanais, le transport terrestre d’une cargaison vers ce pays ou le Koweït coûte environ 6 500 dollars. Les difficultés d’obtention de visas pour les chauffeurs libanais constituent une contrainte supplémentaire.

La situation dans le détroit d’Ormuz vient encore alourdir la facture. Le déroutement d’une cargaison destinée au Koweït vers Salalah, puis son retour à Beyrouth, a ainsi engendré 7 200 dollars de frais supplémentaires, sans exonération de droits ni autres allègements.

Au-delà de la conjoncture sécuritaire, ces données mettent en évidence un problème structurel: les industries libanaises à forte consommation d’énergie subissent un handicap de coût majeur. Les contraintes logistiques réduisent encore leur capacité à concurrencer les producteurs régionaux et à exporter.

À 40 cents le kilowattheure, la question dépasse donc largement celle de la facture énergétique: c’est la capacité du Liban à maintenir une industrie compétitive, et avec elle des centaines d’emplois, qui est en jeu.

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