Trump multiplie les diversions pour ne plus devoir parler de l'Iran ni de l'économie
Cette photo d’archives prise le 21 août 2026 montre le président américain Donald Trump aidant la sénatrice américaine Darline Graham à descendre de la scène lors d’un rassemblement de campagne au Myrtle Beach Convention Center, à Myrtle Beach, en Caroline du Sud. ©SAUL LOEB / AFP

Un lac rebaptisé, des publications choquantes sur Internet, des échanges réduits au minimum avec la presse... Donald Trump ne veut plus avoir à parler de l'Iran ni de l'inflation, les deux sujets qui plombent son mandat.

Sa cote de popularité est au plus bas, et sa formation politique, le parti Républicain, redoute une sévère défaite en novembre lors d'élections qui décideront du contrôle du Congrès, à majorité conservatrice jusqu'ici.

Donald Trump «est spécialiste des diversions. Mais il est difficile de faire changer l'avis des gens quand vous leur parlez de choses qu'ils vivent directement», à chaque fois qu'ils remplissent leur chariot de supermarché ou font le plein, note pour l'AFP William Galston, expert à la Brookings Institution.

Le républicain de 80 ans met en effet en œuvre une stratégie qu'il a souvent employée: créer le vacarme pour tenter de couvrir un bruit de fond défavorable,ici, la succession de sondages plus négatifs les uns que les autres sur son bilan.

Cette semaine, Donald Trump a accaparé momentanément l'attention médiatique en annonçant qu'il rebaptisait le lac Ontario, à la frontière américano-canadienne, en «lac Amérique», ce qui a ulcéré le Canada.

Stupide

«Pathétique tentative de diversion», a cinglé le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

Mais un influenceur de droite radicale, Matt Walsh, a aussi jugé l'idée «politiquement stupide», y voyant un «cadeau» pour la gauche américaine.

D'après lui, «le défi numéro un des Républicains lors des midterms, sera de répondre à l'accusation selon laquelle ils n'ont pas utilisé leur mandat pour servir les intérêts des Américains moyens». Et l'attitude récente de Donald Trump pourrait être utilisée pour soutenir cette accusation, a-t-il averti sur X, où il a 4 millions d'abonnés.

La politique anti-immigration reste l'une des rares à suivre le cap fixé par le président républicain.

Le gouvernement communique abondamment sur sa campagne d'expulsions massives, menée dans des conditions souvent jugées cruelles par l'opposition démocrate.

Le ministère de la Sécurité intérieure a par exemple diffusé jeudi un clip montrant l'embarquement dans un avion de citoyens haïtiens entravés, après que Washington a supprimé un statut qui leur avait permis d'entrer légalement dans le pays.

Le montage, sur fond musical, a été jugé dégradant et raciste par des opposants à Donald Trump.

Mesures d'urgence

Pour le reste, le conflit en Iran dure depuis bien plus longtemps que les quelques semaines promises par le locataire de la Maison Blanche, et surtout, les Américains attendent toujours que le coût de la vie baisse, comme il le leur avait garanti.

Son gouvernement empile les mesures d'urgence à l'approche des élections, dans divers domaines: importations massives de boeuf étranger pour faire baisser les prix; rachats de titres de dette américaine pour rassurer les marchés; mission express du patron de la CIA pour tenter de dissuader la Russie de s'en prendre à un pays de l'Otan, selon la presse américaine.

Donald Trump, si friand d'échanges improvisés avec des groupes de journalistes, en a moins, ou alors y met fin rapidement. Au début de son second mandat, il donnait facilement des conférences de presse impromptues d'une heure, parfois tous les jours.

Il préfère désormais accorder, comme cette semaine, une longue interview à un animateur de la sphère MAGA, dans laquelle il n'est pas bousculé.

Le républicain continue toutefois à beaucoup s'exprimer sur sa plateforme Truth Social, sur le mode du «trolling», des provocations gratuites destinées à créer une réaction virale.

Il a par exemple publié un dessin le montrant avec la reine de la country Dolly Parton à son bras. Et a été immédiatement accusé de vouloir récupérer la mémoire de cette icône américaine, décédée cette semaine, et qui n'a jamais affiché de couleur politique.

Donald Trump a aussi mis en ligne un «classement» de plusieurs présidents américains qui a hérissé ses opposants.

Lincoln ou Washington y sont jugés «très bons», Clinton est «moyen», Biden, Obama et Carter sont «des échecs». Lui, sans surprise, figure tout en haut et seul, comme étant le «plus grand» président.

Par Aurélia END / AFP

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