Le ministère de l’Agriculture collabore avec les différentes parties concernées afin de renforcer la commercialisation des produits libanais sur les marchés étrangers. Des accords et des partenariats sont actuellement en cours de développement entre des sociétés d’investissement du Golfe et des institutions libanaises. Le ministère a également préparé plusieurs propositions et projets d’investissement pour le secteur agricole et identifié plusieurs chaînes de valeur prioritaires.
Entre les défis liés aux coûts, à la production et à la commercialisation et les possibilités d’ouvrir de nouveaux marchés aux produits libanais, le secteur agricole traverse une période qui nécessite une nouvelle approche, capable de renforcer sa compétitivité et d’attirer les investissements.
Dans ce contexte, le ministère de l’Agriculture travaille sur plusieurs axes pour développer la production agricole et en améliorer la qualité, renforcer sa présence sur les marchés locaux et étrangers, mais aussi nouer de nouveaux partenariats et offrir de nouvelles perspectives aux agriculteurs et aux producteurs.
Ces orientations prennent une importance particulière alors que les questions de sécurité alimentaire suscitent un intérêt croissant dans la région. Une situation qui offre au Liban des opportunités à saisir pour développer ses exportations agricoles et agroalimentaires.
Dans une déclaration à Houna Loubnan, le ministre de l’Agriculture Nizar Hani a souligné que «l’agriculture contractuelle constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de développement du secteur agricole au Liban». Selon lui, le ministère travaille sur plusieurs volets afin de renforcer les liens entre les agriculteurs, les marchés et les industries agroalimentaires, et d’assurer des débouchés durables à la production agricole.
Le Liban a déjà enregistré des expériences réussies dans ce domaine, notamment dans le secteur de la pomme de terre, grâce à la coopération avec les usines de produits surgelés et les fabricants de chips. «Une part importante de la production repose désormais sur le principe de l’agriculture contractuelle», a-t-il expliqué.
Ce modèle s’étend également à de grandes chaînes de production. Environ 94% des produits utilisés dans les restaurants McDonald’s au Liban sont désormais d’origine locale, notamment le pain, les légumes, la viande et les pommes de terre. Certaines sauces restent toutefois importées, la demande actuelle ne justifiant pas encore la création d’unités industrielles spécialisées pour leur production locale.
Le secteur de la volaille repose lui aussi largement sur l’agriculture contractuelle. Les grandes entreprises concluent des accords avec les agriculteurs et les petits producteurs afin de répondre à leurs besoins selon des normes précises.
L’agriculture contractuelle avec les pays du Golfe
Le ministère s’emploie désormais à développer l’agriculture contractuelle avec les pays du Golfe, dans le contexte des stratégies adoptées par ces pays pour renforcer leur sécurité alimentaire et rechercher des sources d’approvisionnement fiables et de haute qualité.
Les rencontres organisées aux Émirats arabes unis s’inscrivent dans cette démarche. Le ministre a notamment évoqué la récente visite d’une délégation du ministère auprès d’Elite Agro Holding, l’une des grandes entreprises actives dans les domaines de l’investissement et de la sécurité alimentaire.
Les réunions ont rassemblé des coopératives et des producteurs des secteurs de l’apiculture, de l’oléiculture, des fruits et légumes et de l’élevage, alors que les entreprises du Golfe cherchent à s’approvisionner en produits alimentaires de haute qualité.
«L’agriculture contractuelle vise avant tout à mettre en relation les agriculteurs avec les marchés et les transformateurs, afin de garantir l’écoulement de la production en fonction des besoins du marché et des exigences de qualité», a précisé Nizar Hani.
Un contrôle renforcé des produits agricoles
Concernant les normes et la qualité, le ministre a annoncé qu’à partir du 1ᵉʳ octobre, le ministère mettra en place un nouveau mécanisme reposant sur des sociétés de contrôle chargées de suivre les produits agricoles tout au long de la chaîne de production, du champ à l’usine, jusqu’aux centres d’expédition et à l’aéroport.
Les contrôles seront effectués en collaboration avec des sociétés internationales spécialisées, afin de garantir la qualité des produits agricoles expédiés et leur conformité aux normes requises, notamment pour ceux destinés à l’exportation.
Cette décision a été prise après l’approbation du Conseil d’État, en coordination avec le syndicat des exportateurs de fruits et légumes et les sociétés de contrôle agréées. Le ministre espère que ce mécanisme pourra progressivement être étendu à différents types de produits agricoles, y compris ceux destinés au marché local.
Moderniser l’agriculture pour réduire les coûts et accroître la productivité
Pour Nizar Hani, la réussite de l’agriculture contractuelle dépend de la capacité de la production libanaise à être compétitive en termes de coûts, de qualité et de productivité.
Il a notamment cité l’exemple d’un verger de pommiers intensif dans la région de Biré, dans le Chouf, où le rendement passe d’environ 3 tonnes par dounam (soit 1.000 m²) dans l’agriculture traditionnelle à 10 à 12 tonnes grâce à des méthodes de culture intensives et modernes.
Cette hausse de la productivité se répercute directement sur le coût de production. Dans les cultures intensives, le coût d’un kilogramme de pommes s’élève à environ 28 à 29 cents, contre 50 à 55 cents dans certaines exploitations traditionnelles, notamment sur les petites parcelles comptant moins d’arbres.
Le passage à des méthodes de culture modernes et intensives permet ainsi à la production libanaise de gagner en compétitivité sur les marchés locaux et ceux du Golfe.
Des partenariats et des accords pour développer le secteur agricole
Nizar Hani a également révélé à Houna Loubnan que des accords et des partenariats sont actuellement en cours de développement entre des sociétés d’investissement du Golfe et des institutions libanaises. Il a notamment indiqué qu’Elite Agro avait conclu des accords de coopération avec Daccache Agriculture et l’Université américaine de Beyrouth afin de développer les chaînes de valeur et les infrastructures agricoles.
Le ministère de l’Agriculture collabore également avec les différentes parties concernées afin de renforcer la commercialisation de la production libanaise sur les marchés étrangers.
Un programme de visites et de rencontres est par ailleurs prévu, avec notamment une visite en Jordanie à laquelle participeront des exportateurs et des investisseurs du secteur agricole, des démarches sur le marché irakien ainsi que la participation à un salon qui se tiendra en Arabie saoudite au mois d’octobre.
Ces démarches visent à nouer des partenariats avec les grandes entreprises et institutions chargées d’assurer l’approvisionnement alimentaire des pays du Golfe, à l’image de plusieurs sociétés spécialisées aux Émirats arabes unis et dans d’autres pays de la région.
«Nous œuvrons à établir de meilleures relations avec ces entreprises afin de développer la commercialisation des produits agricoles libanais, d’en améliorer la qualité et de renforcer leur compétitivité», a déclaré le ministre.
Dans le cadre du Plan national pour l’agriculture 2026-2035
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du Plan national pour l’agriculture 2026-2035 et font partie du plan d’investissement agricole qui sera annoncé prochainement.
Le ministère a préparé plusieurs propositions et projets d’investissement dédiés au secteur agricole et identifié plusieurs chaînes de valeur prioritaires, notamment l’ail, le raisin, l’avocat et d’autres produits.
L’objectif est d’attirer les investissements dans ces secteurs et de développer l’agriculture libanaise dans son ensemble, en améliorant la qualité de la production, en augmentant la productivité, en réduisant les coûts et en renforçant la compétitivité des produits libanais sur les marchés locaux et étrangers.



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