Le président Joseph Aoun a affirmé lundi à Athènes que les intérêts communs entre le Liban et la Grèce «remontent effectivement à la nuit des temps», tout en étant «le fruit de notre présent et les impératifs de notre avenir», lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

«Il est vrai que les relations entre les États reposent avant tout et en fin de compte sur les intérêts, mais il est tout aussi vrai que les intérêts de tout État moderne et démocratique, issus de la volonté de son peuple, reposent avant tout et en fin de compte sur le bien-être, le progrès et la prospérité de ce peuple», a déclaré le chef de l’État.

«Le bien-être de tout peuple est lié à la vision qu’il a de son histoire, de ses traditions, de son patrimoine, de sa mémoire, de sa personnalité et du système de valeurs de sa société, ainsi qu’à ses aspirations quant à son avenir, son rôle et sa mission, sur son territoire et dans son environnement, ce qui constitue l’identité de ce peuple», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a pour sa part affirmé que «notre solidarité avec le Liban ne se limite pas à des paroles», assurant que la Grèce était prête à «apporter un soutien accru afin de renforcer les Forces armées libanaises, pour qu’elles puissent exercer leur souveraineté sur l’ensemble du territoire libanais».

Athènes souhaite également «œuvrer au Liban pour attirer les investissements, renforcer les échanges commerciaux et approfondir notre partenariat dans divers domaines», a-t-il déclaré, appelant à «insuffler un nouvel élan aux relations libano-grecques».

La voie diplomatique, seule option

Auparavant, le président Aoun avait affirmé que la voie diplomatique était la seule option pour mettre fin à l’état d’hostilité avec Israël, soulignant que «le peuple libanais est épuisé par les guerres».

«La solution militaire n’a pas fonctionné et ne fonctionnera pas», avait déclaré le chef de l’État lors de sa rencontre avec son homologue grec, Konstantinos Tasoulas. Il avait rappelé que le Liban avait «vécu les tragédies des guerres» et estimé que «le temps est venu pour lui de souffler», plaidant pour la diplomatie comme meilleur moyen de régler les différends.

Joseph Aoun avait indiqué que l’objectif des négociations avec Israël était de mettre fin à l’état d’hostilité entre les deux pays. Il avait rappelé que le Liban était parvenu, sous parrainage américain, à la signature d’un accord-cadre.

Le président libanais avait toutefois insisté sur la nécessité d’une application réciproque de cet accord. «L’accord-cadre ne peut pas être appliqué par une seule partie», avait-il souligné, appelant les deux parties à le mettre en œuvre intégralement et sans sélectivité. Il avait également demandé à la Grèce de soutenir le Liban dans cette démarche.

Joseph Aoun avait par ailleurs réaffirmé la détermination de Beyrouth à mettre fin à l’état d’hostilité avec Israël et à établir «les meilleures relations» avec les pays voisins.

La stabilité du Liban, un enjeu pour la région et l’Europe

Le président Aoun avait également mis l’accent sur l’importance de la stabilité du Liban pour l’ensemble de la région et pour l’Europe. Selon lui, l’instabilité du pays aurait des répercussions sur son environnement régional.

Il avait notamment souligné les intérêts communs entre le Liban et la Grèce et affirmé que l’objectif principal de sa visite était de développer les relations bilatérales «à tous les niveaux», notamment dans les enceintes internationales et avec l’Union européenne.

Joseph Aoun avait également remercié la Grèce pour son soutien constant au Liban sur les plans politique, humanitaire et militaire, rappelant qu’Athènes s’était tenue aux côtés de Beyrouth lors des différentes crises traversées par le pays.

Athènes réaffirme son soutien à un Liban indépendant

De son côté, le président grec Konstantinos Tasoulas avait qualifié le Liban de «pays ami» et souligné les liens historiques entre les deux États. Il avait assuré que la Grèce se tenait aux côtés du Liban et exprimé sa confiance dans la mission de Joseph Aoun à la tête du pays.

Konstantinos Tasoulas avait également estimé que les négociations entre le Liban et Israël pouvaient contribuer à renforcer l’indépendance et la prospérité du Liban, ainsi qu’à favoriser la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le président grec avait réaffirmé le soutien de son pays à un Liban indépendant et indiqué qu’Athènes ferait tout son possible pour approfondir les relations entre le Liban et l’Union européenne.

Il avait par ailleurs évoqué les liens humains entre les deux pays, notamment la présence d’une communauté grecque et orthodoxe au Liban et celle de Libanais en Grèce, qui contribuent selon lui à renforcer les relations bilatérales.

Joseph Aoun était arrivé lundi matin à Athènes pour une visite officielle.  Après une courte pause à l’aéroport, celui-ci s’est rendu au monument du Soldat inconnu, sur la place Syntagma, où il a déposé une gerbe en hommage aux soldats tombés pour leur pays.

Après les hymnes nationaux libanais et grec, le président libanais a passé en revue la garde d’honneur aux côtés du ministre grec des Affaires étrangères, avant de se rendre au palais présidentiel pour ses entretiens officiels avec son homologue grec puis le Premier ministre.