Italie et Espagne prolongent de 15 jours leurs mesures réciproques de suspension des règles de Schengen
Des habitants font face à des agents de la police nationale espagnole lors d'une manifestation contre la visite d'Alvise Perez, homme politique d'extrême droite espagnol et leader du mouvement « Se Acabó La Fiesta » (La fête est finie), dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, le 1er août 2026. ©JORGE GUERRERO / AFP

L'Italie a décidé lundi de prolonger de 15 jours la suspension des règles de l'espace Schengen vis-à-vis de l'Espagne, instaurée le 1er août pour une durée d'un mois en raison de la situation à Ceuta, une mesure immédiatement imitée par l'Espagne à l'égard de l'Italie.

Cette décision a été prise «conformément à l'analyse effectuée par le Comité d'analyse de l'immigration et de la sécurité des frontières, en raison de la persistance des éléments d'évaluation qui avaient motivé leur réintroduction le 1er août dernier», a précisé le ministère italien de l'Intérieur.

Rome précise que cette décision a été prise «en tenant également compte des initiatives déjà lancées par l'Espagne, en collaboration avec l'Union européenne, afin que la situation dans cette région (Ceuta, NDLR) puisse s'orienter vers une normalisation prochaine».

«Le gouvernement espagnol a décidé de prolonger de quinze jours les contrôles aux frontières pour les passagers qui, par voie maritime ou aérienne, accèdent au territoire national en provenance d'Italie. Ces contrôles ont été instaurés le 8 août dernier pour une durée initiale d'un mois», a dans la foulée annoncé le ministère espagnol de l'Intérieur après l'annonce de la prolongation des contrôles côté italien.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a indiqué lundi que son gouvernement continuait à enquêter sur les raisons de l'afflux massif les 30 et 31 juillet de quelque 70.000 migrants depuis le Maroc dans le territoire espagnol situé en Afrique du Nord.

Même si la majorité sont repartis dans la foulée, plusieurs milliers de ces migrants sont toujours présents, un mois plus tard, dans le petit territoire espagnol.

Dès le 30 juillet, face à cette arrivée massive de migrants, le gouvernement italien d'extrême droite de Giorgia Meloni avait appelé à fermer l'espace Schengen à l'Espagne.

Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, toutes deux en Afrique du Nord, constituent les seules frontières terrestres européennes avec l'Afrique. Elles bénéficient d'un système dérogatoire au sein de l'espace Schengen européen, qui empêche de fait les personnes s'y trouvant de se rendre sur la péninsule sans contrôle frontalier.

AFP

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