Drone explosif à l'aéroport de Leipzig: deux suspects au passeport russe identifiés
Un avion Antonov ukrainien à l’aéroport de Leipzig / Halle. ©Hendrik Schmidt / dpa / AFP

La police allemande a identifié l'ADN de deux hommes au passeport russe suspectés d'avoir amené un drone explosif à l'aéroport de Leipzig, une tentative d'attentat imputée mardi à la Russie par Berlin, rapportent trois médias allemands mercredi.

Pour le journal Süddeutsche Zeitung (SZ) et les groupes audiovisuels publics régionaux NDR et WDR, le premier suspect, de nationalité biélorusse mais qui possède aussi un passeport russe, serait entré dans l'espace Schengen muni d'un visa touristique italien délivré à Minsk.

Cet homme se serait déjà fait remarquer pour des infractions commises dans les pays baltes, affirment les trois médias.

Interrogé à Wicklow (Irlande), en marge d'une réunion avec ses pairs de l'Union européenne, sur la délivrance de ce visa, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a promis «tous les contrôles nécessaires», mais souligné que «s'il n'y a aucun signalement sur les individus concernés, le visa est accordé».

Le second suspect, qui posséderait un passeport letton et un russe selon NDR et WDR, et serait né en Russie selon SZ, aurait agi comme logisticien et instructeur de l'attaque. Arrivé fin juillet en Allemagne via l'aéroport de Berlin, il aurait loué une voiture pour se rendre dans la région de Leipzig (est) avant de quitter le pays deux jours avant l'attaque présumée, toujours selon les mêmes sources.

Les deux hommes auraient été identifiés grâce à des traces ADN retrouvées par la police scientifique et dans les environs de l'aéroport: sur un drone, dans une boîte de conserve remplie d'explosifs et sur une antenne fixée à un arbre.

Les bases de données européennes ont permis d'établir des correspondances en Lituanie et en Finlande, corroborées par les informations des services de renseignement, toujours selon ces titres de presse.

L'Allemagne a annoncé mardi des mesures de rétorsion contre la Russie, après l'avoir accusée d'avoir envoyé ce drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig, une plateforme militaire capitale pour l'armée allemande et pour l'Otan.

Le drone avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens.

Selon la presse allemande, un autre drone aurait été découvert plus tard près de l'aéroport, également avec des traces de substances explosives.

Mercredi soir, la chancellerie allemande a indiqué que Friedrich Merz avait informé par téléphone le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur «l'attaque hybride» de Leipzig et l'avait assuré de la «poursuite résolue du soutien civil et militaire» allemand.

Après quatre ans et demi de conflit qui l'ont transformée en pionnière mondiale de la guerre par drones, l'Ukraine est de son côté «prête à aider» l'Allemagne avec son «expertise» et son «expérience», a assuré M. Zelensky sur X.

De son côté, le président Vladimir Poutine avait dénoncé mardi une «nouvelle erreur grossière» de la part de l'Allemagne, devenue le premier soutien financier de l'Ukraine. La diplomatie russe a annoncé mercredi avoir convoqué le chargé d'affaires allemand à Moscou.

AFP

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