Les rebelles houthis pro-iraniens accusent Riyad de frappes aériennes au Yémen
Les rebelles houthis ont accusé l'Arabie saoudite d'avoir mené plusieurs frappes aériennes et tirs de missiles de croisière contre différentes régions du Yémen. ©MOHAMMED HUWAIS / AFP

Les Houthis pro-iraniens, qui ont mené ces derniers jours une offensive meurtrière au Yémen, ont accusé lundi l'Arabie saoudite d'avoir frappé différentes zones du pays, dans une guerre qui s'intensifie.

«L'ennemi saoudien a visé les provinces de Jawf (nord), d'al-Bayda et Marib (centre), et de Taëz (sud-ouest) à l'aide de plusieurs frappes aériennes et missiles de croisière», a affirmé l'agence de presse Saba, affiliée au mouvement rebelle.

Les Houthis ont précisé avoir abattu trois drones de reconnaissance du royaume voisin au cours des dernières 24 heures, selon un communiqué du porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree.

Des sources militaires au sein des forces gouvernementales ont confirmé à l'AFP ces attaques, qui n'ont à ce stade pas été revendiquées par Riyad, principal soutien du gouvernement yéménite reconnu internationalement.

Elles ont précisé que la plupart des frappes s'étaient concentrées sur al-Bayda et Marib, visant des positions, des rassemblements et des camps sous contrôle houthi.

Dans ce pays pauvre qui a replongé dans la guerre en juillet, sur fond d'embrasement régional, les rebelles ont lancé la semaine dernière une nouvelle offensive visant notamment à progresser vers les zones bordant le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.

Ces affrontements avec les forces progouvernementales yéménites dans le sud-ouest du Yémen ont fait plus de 300 morts, poussant sur les routes de nombreuses familles, selon des sources au sein des deux camps interrogées par l'AFP.

Bab el-Mandeb, qui permet de relier l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Le Yémen est le dernier pays en date à être entraîné dans le conflit régional déclenché par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran fin février.

Le cessez-le-feu en vigueur depuis 2022 a volé en éclats en juillet, les Houthis défiant l'hégémonie de Riyad sur l'espace aérien yéménite.

Depuis, les rebelles, soutenus de leur côté par la République islamique, multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par le gouvernement.

Ils ont aussi annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et visé ses navires pétroliers et des infrastructures de son territoire, notamment une raffinerie.

La guerre au Yémen, débutée en 2014, a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une grave crise humanitaire.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire