L’armée libanaise a dénoncé mercredi la poursuite et l’intensification des attaques israéliennes contre le Liban, estimant qu’elles compromettaient les arrangements en vigueur et entravaient ses efforts pour rétablir la stabilité dans le Sud. Elle a parallèlement dressé le bilan de son déploiement dans les zones pilotes prévues par l’accord-cadre, affirmant y avoir établi son contrôle opérationnel.
Dans un communiqué, le commandement de l’armée a condamné la récente vague de frappes contre des zones résidentielles et des institutions. Il a notamment évoqué la frappe contre Kfar Remmane, dans le caza de Nabatiyé, qui a fait au moins 12 morts, dont des femmes et des enfants.
Selon l’institution militaire, ces attaques, conjuguées aux opérations de démolition et de dynamitage dans le Sud, violent la souveraineté et la sécurité du Liban, contreviennent au droit international et menacent les arrangements conclus.
Environ 7.700 violations israéliennes recensées
Le commandement de l’armée a accusé Israël de ne pas avoir respecté l’accord-cadre, faisant état d’environ 7.700 violations depuis sa signature, le 26 juin 2026. Il a également dénoncé des tirs israéliens effectués à proximité de soldats et de patrouilles de l’armée libanaise.
Ces attaques auraient provoqué une nouvelle vague de déplacements depuis des secteurs qui avaient pourtant été considérés comme sûrs. L’armée estime qu’elles visent également à porter atteinte à sa crédibilité auprès de la population libanaise et de la communauté internationale.
«L’arrêt des attaques et des violations est le facteur essentiel permettant à l’armée d’achever son déploiement et d’exécuter ses missions conformément à l’accord-cadre», a déclaré le commandement.
Déploiement dans trois localités pilotes
L’armée a affirmé être pleinement disposée à remplir ses engagements depuis la signature de l’accord-cadre. Elle a indiqué avoir commencé à prendre les mesures nécessaires pour imposer son contrôle opérationnel dans les zones pilotes, en coordination avec le groupe de coordination militaire pour le Liban et conformément au plan préparé par son commandement.
Elle a toutefois précisé qu’aucun accord définitif n’avait encore été conclu sur les différentes phases de ce dispositif ni sur les étapes suivantes.
Dans les localités de Zaoutar el-Gharbiyé, Froun et Srifa, 6 barrages fixes et 13 postes d’observation ont été installés sur les routes d’accès et à l’intérieur des villages. Des patrouilles pédestres et motorisées y sont également menées 24 heures sur 24.
Plus de 1.800 armes et munitions saisies
L’armée a annoncé avoir retiré et saisi environ 1.818 armes et munitions, tout en empêchant la présence de groupes armés et les activités non autorisées par la législation libanaise.
Les saisies comprennent notamment dix lance-roquettes, 7 roquettes, 6 drones, 51 projectiles, 10 bombes aériennes et 1.560 munitions légères, ainsi qu’un grand nombre de mines et d’engins explosifs.
Les unités spécialisées ont également déblayé et rouvert près de 12 kilomètres de routes. Plusieurs habitations ont été fouillées, dans le respect de la législation libanaise et avec l’accord de leurs propriétaires. Le commandement a souligné la pleine coopération des habitants avec les mesures destinées à éliminer les armes et les restes explosifs de guerre.
Des mesures pour favoriser le retour des habitants
En parallèle de ses opérations militaires, l’armée a indiqué avoir pris des mesures destinées à faciliter le retour sécurisé des habitants, notamment par le déblaiement des gravats, la réouverture des routes et le développement d’activités de coopération civilo-militaire visant à répondre aux besoins essentiels. Ses unités ont également participé à l’extraction des corps.
Selon le communiqué, ces opérations ont permis à l’armée d’établir son contrôle opérationnel dans la zone concernée et de maîtriser les mouvements d’entrée et de sortie.
À Zaoutar el-Gharbiyé, environ 70% des habitants ont pu regagner la localité pour inspecter leurs biens, selon le texte. Seuls 16% ont toutefois été en mesure de s’y réinstaller, soit 60 familles sur 450. L’armée attribue cette situation à l’ampleur des destructions: 85% des habitations auraient été entièrement détruites et 15% partiellement endommagées.



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