Le président de la Chambre, Nabih Berry, a livré un diagnostic particulièrement sombre de la situation au Liban, estimant que les perspectives de règlement avec Israël se sont considérablement éloignées et que les initiatives diplomatiques actuellement menées n’ont, à ses yeux, « aucune valeur ».
Dans un entretien accordé à al-Joumhouriya, Nabih Berry a jugé la situation « dangereuse », alors que les opérations israéliennes se poursuivent dans le sud du pays. « Les solutions sont toutes lointaines. L’accord-cadre est mort. Et si les Israéliens veulent occuper, ils peuvent le faire », a-t-il déclaré.
Ces propos interviennent alors que le processus lancé sous médiation américaine pour tenter de stabiliser la frontière libano-israélienne est dans l’impasse. L’accord-cadre conclu en juin prévoyait notamment un retrait progressif des forces israéliennes, parallèlement au déploiement de l’armée libanaise et au démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah. Des discussions se sont depuis tenues à Rome, mais leur mise en œuvre reste bloquée, tandis que les opérations israéliennes, les frappes et les destructions se poursuivent au Liban-Sud. Selon plusieurs médias israéliens, un nouveau round de discussion pourrait avoir lieu mardi et mercredi prochains dans la capitale italienne.
C’est dans ce contexte que le président de la Chambre explique son absence d’optimisme. « La meilleure preuve est ce qui se passe : les morts, les martyrs, parmi lesquels des enfants, ainsi que les opérations de nivellement et de destruction », a-t-il affirmé. Selon lui, les démarches entreprises pour parvenir à une issue politique restent pour l’heure sans effet : « Il n’y a malheureusement pas de solutions. » Le président de la Chambre a parallèlement insisté sur le rôle de l’armée libanaise, qu’il a qualifiée de « pilier fondamental».
Interrogé sur ses rapports avec le président Joseph Aoun, Nabih Berry a assuré que leur relation demeurait solide malgré leurs divergences. « Elle existe, même lorsque nous ne sommes pas d’accord », a-t-il déclaré, reconnaissant des désaccords sur « plusieurs questions », sans que ceux-ci ne remettent en cause leur amitié.
Enfin, le chef du Parlement a critiqué l’orientation économique du gouvernement et notamment le recours accru aux taxes et aux prélèvements pour renflouer les caisses publiques. « L’État a besoin d’argent, mais il ne doit pas prendre l’argent de ceux qui ont eux-mêmes besoin d’argent », a-t-il lancé. Il a également prévenu que le gouvernement ferait l’objet d’une « reddition de comptes » devant le Parlement, sans détailler à ce stade les dossiers qui seraient visés. Une séance plénière du Parlement de débat de politique générale avec le gouvernement est prévue le lundi alors que le Conseil des ministres est en pleine étude du Budget 2027 et que la colère gronde dans la rue.



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