Du 26 septembre au 4 octobre, le complexe Nouhad Nawfal de Zouk Mikaël accueillera le Final 8 de la FIBA West Asia Super League. Riyadi, double tenant du titre, et La Sagesse porteront les ambitions libanaises face à six adversaires venus d’Arabie saoudite, d’Iran, du Koweït, du Qatar et d’Inde. À domicile, le Liban reste la référence. Mais l’écart se réduit: les clubs du Golfe recrutent davantage, investissent lourdement et ambitionnent désormais de déplacer le centre de gravité du basket régional.
Le Final 8 réunira les meilleures formations issues des compétitions régionales de la WASL.
Dans le groupe A, Riyadi affrontera Ittihad d’Arabie saoudite, Kuwait Club et Indian Railways.
La Sagesse évoluera dans le groupe B avec Shahrdari Gorgan d’Iran, Al Ula d’Arabie saoudite et Al Arabi du Qatar.
Chaque équipe disputera trois rencontres. Les deux premières de chaque groupe accéderont aux demi-finales, programmées le 3 octobre, avant la finale le lendemain.
Les deux représentants libanais étant placés dans des groupes différents, un nouveau derby entre Riyadi et La Sagesse ne pourrait intervenir que dans la phase à élimination directe.
Riyadi, la cible de tout le monde
Riyadi ne se présente pas comme un simple prétendant.
Le club de Manara a remporté les deux dernières éditions de la WASL et tentera donc de réussir la passe de trois devant son public.
Son expérience des grands rendez-vous, sa profondeur d’effectif et son habitude des matches à élimination directe en font naturellement l’équipe à battre.
Mais le statut change aussi la nature du tournoi: Riyadi sera attendu partout.
Chaque adversaire arrivera à Zouk Mikaël avec la perspective de faire tomber le double champion, ce qui laisse peu de place aux matches de transition ou aux débuts de compétition hésitants.
La Sagesse veut franchir la dernière marche
La Sagesse possède une histoire différente avec la compétition.
Le club vert a déjà atteint la finale du Final 8, mais le titre lui échappe encore. Sa campagne 2026 lui offre une nouvelle occasion de transformer son potentiel en consécration régionale.
Son défi sera avant tout celui de la constance. Dans une compétition aussi courte, une mauvaise soirée suffit à compliquer considérablement la route vers les demi-finales.
Le groupe n’a d’ailleurs rien d’anodin. Shahrdari Gorgan possède l’expérience des grandes confrontations asiatiques, tandis qu’Al Ula symbolise les nouvelles ambitions saoudiennes.
Pour La Sagesse, atteindre le dernier carré ne constituerait donc pas une formalité.
Le Golfe change les rapports de force
C’est probablement le principal enjeu de cette édition.
Pendant longtemps, les clubs libanais ont bénéficié d’un avantage culturel et sportif évident dans la région: tradition du basket, public passionné, championnat compétitif et joueurs habitués à évoluer sous pression.
Cet avantage existe toujours.
Mais il n’est plus suffisant à lui seul.
L’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït investissent davantage dans leurs clubs et attirent des joueurs étrangers de haut niveau. Le marché régional s’est transformé et les meilleurs basketteurs arabes disposent désormais de possibilités financières et sportives beaucoup plus nombreuses qu’il y a quelques années.
La présence simultanée d’Ittihad et d’Al Ula illustre cette montée en puissance saoudienne.
La question du Final 8 dépasse donc le résultat d’une semaine: le savoir-faire libanais peut-il continuer à compenser la progression rapide des moyens disponibles ailleurs?
Zouk Mikaël, un véritable avantage
Pour Riyadi comme pour La Sagesse, jouer au complexe Nouhad Nawfal constitue cependant un atout majeur.
Pas de déplacement, un environnement connu et surtout un public capable de transformer l’atmosphère d’un match.
Dans le basket libanais, l’avantage du terrain n’est jamais seulement technique. L’intensité des tribunes fait partie du rapport de force.
Cette dimension peut peser face à des adversaires qui disposent parfois de moyens considérables mais évoluent dans des championnats où la pression populaire n’atteint pas toujours celle de Beyrouth ou de Zouk Mikaël.
Si Riyadi et La Sagesse avancent ensemble dans le tournoi, le Final 8 pourrait même prendre les allures d’une semaine entièrement dominée par le basket libanais.
Au bout, l’Asie
Le trophée n’est pas le seul enjeu.
Les meilleures équipes du Final 8 décrocheront également leur accès à la Basketball Champions League Asia, le plus haut niveau continental des clubs.
Pour Riyadi, qui nourrit régulièrement des ambitions asiatiques, manquer ce rendez-vous constituerait un recul.
Pour La Sagesse, retrouver la grande scène continentale représenterait une nouvelle étape dans son retour au premier plan régional.
La WASL est donc devenue beaucoup plus qu’une compétition intermédiaire. Elle mesure désormais la hiérarchie réelle du basket de clubs dans cette partie de l’Asie.
Une suprématie à défendre
Le Liban conserve des arguments que les budgets ne suffisent pas toujours à acheter: une culture du basket profondément enracinée, des clubs historiques, un public imposant et l’expérience des matches à très haute pression.
Riyadi en est aujourd’hui le meilleur symbole. La Sagesse veut à son tour transformer cette tradition en titre.
Mais autour d’eux, le paysage change rapidement.
Le Golfe investit, recrute et progresse. Les écarts se réduisent.
Du 26 septembre au 4 octobre, Riyadi et La Sagesse ne joueront donc pas uniquement pour ajouter une ligne à leur palmarès.
Ils défendront aussi une place que le basket libanais considère depuis longtemps comme la sienne: celle de référence régionale.
Le Final 8 dira si ce trône est toujours aussi solidement installé.




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