L'Irak a fermé samedi trois postes-frontières avec l'Iran, ont indiqué à l'AFP des responsables sécuritaires, au lendemain d'une attaque de drones contre un oléoduc saoudien qui, selon Riyad comme Bagdad, a été lancée depuis le territoire irakien.

Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a limogé peu après l'attaque le commandant militaire de la province de Missan, dans le sud du pays, les autorités ayant établi que les drones avaient été lancés depuis cette zone.

L'attaque, qui a touché l'oléoduc saoudien Est-Ouest reliant Abqaiq, près du Golfe, au port de Yanbu sur la mer Rouge, n'a pas été revendiquée. Des groupes armés irakiens soutenus par l'Iran, déjà accusés par Riyad par le passé d'attaques sur des infrastructures pétrolières, ont nié en être à l'origine.

Une source de sécurité irakienne et un responsable gouvernemental ont déclaré à l'AFP que les autorités avaient ordonné la fermeture de trois points de passage frontaliers avec l'Iran.

Selon la source sécuritaire, cette décision s'inscrit dans le cadre d'«efforts de renseignement visant à retrouver les auteurs et à les empêcher de fuir (...) ainsi qu'à entraver la contrebande de drones via ces points de passage».

Ces deux sources, s'exprimant sous couvert d'anonymat, n'ont pas pu préciser quand ces postes frontières rouvriraient.

Les points de passage fermés sont ceux de Shalamcheh (province de Bassora) et d'al-Shib (province de Missan), tous deux situés dans le sud de l'Irak, ainsi que celui d'al-Mandali, dans la province centrale de Diyala.

Les autorités ont cependant annoncé que des voyageurs retenus plusieurs heures à ces postes-frontières avaient finalement été autorisés à passer. Les autres points de passage frontaliers avec l'Iran restent ouverts.

La cellule gouvernementale d'information sur la sécurité a indiqué que les autorités avaient «entamé des opérations de réorganisation administrative et sécuritaire à plusieurs points de passage frontaliers, ce qui nécessite leur fermeture».

Elle a ajouté que les «activités de renseignement» avaient été renforcées pour déterminer «les failles et les violations survenues à ces points de passage», sans toutefois préciser quels postes étaient concernés ni mentionner la récente attaque par drone.

En juillet, les États-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir frappé des combattants soutenus par l'Iran en Irak, en réponse à des attaques contre les forces américaines et les installations pétrolières saoudiennes. Ces frappes ont tué 20 combattants, dont cinq Iraniens.

Des groupes armés pro-iraniens ont soutenu Téhéran dans la guerre déclenchée fin février par Israël et les États-Unis, revendiquant des centaines d'attaques contre des bases américaines en Irak et dans la région.

Depuis son entrée en fonction au printemps, le Premier ministre s'est engagé à ce que les factions armées remettent leurs armes à l'État. La question a attisé les tensions ces dernières semaines, plusieurs groupes refusant de désarmer.

AFP