100 000 tonnes. C’est l’objectif d’exportation fixé par le ministère de l’Agriculture pour la saison 2026, sur une récolte attendue de 200 000 tonnes. Autrement dit, la moitié de la production devra trouver preneur sur les marchés extérieurs.

Le ministère veut ainsi accélérer l’écoulement de la récolte, soutenir les producteurs et éviter un engorgement du marché. Sa feuille de route mise sur l’ouverture de nouveaux débouchés, notamment dans le Golfe, en Égypte et en Jordanie, l’appui de la diplomatie libanaise, la prospection directe auprès des importateurs et une meilleure coordination entre producteurs, exportateurs et distributeurs.

Le plan prévoit également de faciliter les procédures commerciales, de renforcer la promotion de la pomme libanaise et de mieux contrôler la chaîne, de la récolte au tri, au conditionnement, au transport et au stockage réfrigéré.

Une filière confrontée au même défi

Le problème n’est pas nouveau. La production de pommes s’est développée dans les régions montagneuses, où les conditions sont favorables, mais les capacités de stockage, l’organisation du marché et les débouchés extérieurs n’ont pas toujours suivi. Les difficultés liées aux coûts de production, à la concurrence étrangère et au vieillissement de certaines variétés sont déjà documentées depuis plus d’une décennie.

Faute de pouvoir conserver longtemps la récolte, les producteurs sont particulièrement exposés lorsque les exportations ralentissent ou que les volumes augmentent. Des achats publics, notamment pour l’armée et les forces de sécurité, ont déjà été envisagés pour absorber ponctuellement une partie des surplus.

Le défi est donc moins de produire davantage que de faire coïncider la production avec les marchés, les variétés demandées, les prix et les capacités de conservation.

À noter: l’objectif annoncé de faire passer de 50 000 à 100 000 tonnes les exportations agricoles libanaises vers l’Égypte concerne l’ensemble des produits agricoles, et non les seules pommes.