L’armée israélienne a mené une violente opération de dynamitage à Khiam (Marjeyoun), pendant la nuit, tandis que plusieurs localités du sud du Liban ont été la cible de tirs d’artillerie. Des drones ont également été signalés au-dessus de plusieurs secteurs de la région.
Au cours de la journée de dimanche, L'armée israélienne a procédé à plusieurs dynamitages à Qantara (Marjeyoun).
À l’aube, l’artillerie israélienne a bombardé le centre de Mansouri (Tyr), tirant plusieurs obus de 155 mm. Des tirs ont également visé les abords de Zibqine (Tyr), ainsi que Baraachit, Haddatha et Haris (Bint Jbeil).
Dans la vallée de Slouki (Marjeyoun), des tirs d’artillerie ont été signalés depuis minuit et jusqu’à matin de dimanche, de même qu’aux abords de Ghandouriyé, en direction de Qantara (Bint Jbeil). Des maisons ont par ailleurs été dynamitées dans le secteur de Sayyad, tandis que des tirs de mitrailleuses ont été signalés en direction du fleuve Zaoutar (Nabatiyé).
Des drones silencieux ont également survolé pendant plus de deux heures Ghaziyé (Saïda) et ses environs. D’autres appareils ont été signalés entre Marwaniyé et Teffahta, ainsi qu’entre Marwaniyé et Zefta (Saïda).
Récolte des olives: des restrictions contestées à Kfarchouba
Dans ce contexte, la radio de l’armée israélienne a révélé la mise en place de dispositions permettant à des habitants de villages du Sud et à des travailleurs syriens d’accéder à des terres situées dans la «ligne jaune» pour récolter les olives, sous réserve d’une coordination préalable avec l’armée israélienne et sous sa supervision.
Selon la radio, les opérations de récolte s’étendent de Chebaa, (Hasbaya), à l’est, à Alma el-Chaab (Tyr), à l’ouest. Elles concernent notamment des villages à majorité chrétienne, ainsi que Chebaa. Le média a indiqué que l’armée israélienne n’avait pas précisé la nature des contrôles de sécurité ni si cette mesure avait reçu l’approbation de l’échelon politique.
La municipalité de Kfarchouba (Hasbaya), et les moukhtars du village ont rejeté les modalités retenues, estimant qu’elles risquaient de semer la confusion parmi les agriculteurs et les habitants de Chebaa, dans le même caza, exclus de la décision.
Selon un résumé des dispositions, seuls 100 personnes et 25 véhicules sont autorisés à entrer pour une journée, ce qui permettrait à environ 25 propriétaires de bénéficier de la mesure. La récolte est limitée à des zones déterminées, tandis que l’accès à d’autres secteurs est interdit. Les propriétaires doivent présenter leurs cartes d’identité et leurs téléphones. Le port de vêtements militaires ou de tenues de camouflage est également interdit. Le résumé précise qu’aucun accompagnement de l’armée libanaise ou de la Finul n’est prévu.
Dans la région de Khallat Omar, à Zibqine (Tyr), des informations ultérieures ont par ailleurs démenti les informations selon lesquelles Israël aurait demandé à l’armée libanaise d’évacuer la zone avec les habitants et les agriculteurs. Selon ces précisions, la récolte se poursuit normalement, à l’exception d’un point situé aux abords de la localité, où il a été demandé de suspendre temporairement les travaux en raison d’un épais brouillard. La demande aurait été transmise par le biais du mécanisme de coordination, conformément aux procédures habituelles.
Les passages du Litani sous surveillance israélienne
Parallèlement, un rapport rédigé par Dvir Perry pour le centre de recherches israélien Alma met en garde contre les conséquences de la réouverture des ponts et des passages au-dessus du Litani. Selon cette analyse, ces infrastructures pourraient permettre au Hezbollah de rétablir une partie de ses capacités de transfert de combattants, d’armes et de matériel vers le Sud, après la destruction de six ponts principaux en mars 2026.
Le rapport indique que l’armée libanaise, le ministère des Travaux publics, l’Office national du Litani et les autorités locales ont progressivement rétabli des axes essentiels grâce à des réparations d’urgence et à l’aménagement de passages temporaires.
La circulation a ainsi repris sur le pont côtier de Qasmiyé, dans le caza de Tyr, tandis qu’un passage provisoire a été ouvert à Qaaqaiyet el-Jisr, dans le caza de Nabatiyé. Le pont Sohmor-Machghara, dans la Bekaa-Ouest, est quant à lui utilisé comme itinéraire de remplacement après la destruction du pont de Dalfé. En revanche, la situation de certains passages et axes, notamment le pont Zrariyé-Tayr Felsay, dans le caza de Tyr, et la route de Khardali, dans le caza de Marjeyoun, demeure en partie incertaine, selon le rapport.
Le centre Alma reconnaît la participation de l’armée libanaise aux travaux de remise en état, mais met en doute l’existence d’une surveillance militaire permanente sur l’ensemble des passages. Il estime que les voies rouvertes pourraient être exploitées pour acheminer des combattants et du matériel au sud du Litani.
Le rapport souligne également qu’en période de sécheresse, la baisse du niveau du Litani pourrait permettre de traverser le fleuve à certains endroits sans emprunter de pont.
Le centre reconnaît néanmoins que l’absence de documentation attestant la présence d’un poste de contrôle militaire ne signifie pas nécessairement que l’armée libanaise est absente. Il ne fournit pas non plus de preuves directes sur le terrain démontrant que des armes ont été acheminées par les ponts rouverts. Ses conclusions restent donc des évaluations sécuritaires israéliennes qui n’ont pas été corroborées de manière indépendante.
Entre la poursuite des opérations israéliennes, les restrictions imposées aux agriculteurs et les inquiétudes exprimées au sujet de la réouverture des passages sur le Litani, le sud du Liban reste soumis à une pression militaire et sécuritaire croissante. La surveillance des axes de circulation et le contrôle des infrastructures demeurent au cœur des tensions.