La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) cessera ses opérations le 31 décembre 2026. Un retrait progressif de ses effectifs s’ensuivra au cours de l’année 2027. Cette échéance, décidée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2790 du 28 août 2025, n’est pas sans rappeler que l’organisation dispose aussi d’autres structures dans le pays et dans la région. Quelles sont-elles? Et quel sera leur sort une fois le mandat de la Finul expiré?

L’UNTSO, des observateurs militaires déployés dans la région

Créée le 29 mai 1948 par la résolution 50 du Conseil de sécurité, l’Organisation des Nations unies chargée de la surveillance de la trêve (UNTSO, selon son acronyme anglais) est la première mission d’observation militaire de l’ONU. Ses observateurs surveillent les cessez-le-feu, supervisent les accords d’armistice et contribuent à prévenir l’escalade d’incidents entre les parties. Son champ d’activité s’étend à plusieurs pays du Moyen-Orient, dont le Liban, Israël et la Syrie.

L’UNTSO dispose notamment d’un bureau de liaison à Beyrouth. Ses observateurs militaires sont affectés auprès de deux opérations de maintien de la paix de la région, à savoir la Finul au Liban et la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (UNDOF) sur le plateau du Golan.

Aujourd’hui, la fin du mandat de la Finul n’entraîne pas la disparition de l’UNTSO. Celle-ci possède un mandat distinct et doit poursuivre ses activités dans la région. Un document budgétaire de l’ONU pour 2027 prévoit d’ailleurs explicitement la continuité de ses activités au Liban pendant le retrait de la Finul, ainsi qu’un renforcement de la planification et de la coordination entre les deux missions pour accompagner cette transition.

Cela ne signifie toutefois pas que l’UNTSO reprendra les fonctions de la Finul. Des observateurs militaires chargés de surveiller et de signaler des incidents ne disposent pas du même mandat qu’une force de maintien de la paix autorisée, en vertu de la résolution 1701, à accompagner l’armée libanaise dans le Sud et à prendre certaines mesures pour empêcher que sa zone d’opérations soit utilisée à des fins hostiles. Le rôle futur de l’UNTSO au Liban devra donc être apprécié à partir de son propre mandat et des modalités concrètes de sa présence après le retrait de la Finul.

L’UNSCOL, un rôle politique et diplomatique au Liban

L’UNSCOL, ou Bureau du coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban, relève d’une tout autre logique. Établi sous sa forme actuelle en février 2007, il représente le secrétaire général de l’ONU auprès des autorités libanaises, des acteurs politiques et de la communauté diplomatique. Il coordonne également les efforts des Nations unies dans le pays, en lien avec le gouvernement, les bailleurs de fonds et les institutions financières internationales.

Son rôle comprend notamment l’appui aux efforts visant à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006 après la guerre entre Israël et le Hezbollah. Il entretient, à cette fin, un dialogue politique avec les parties concernées et travaille en étroite coordination avec la Finul. Il contribue aussi à la coordination des activités humanitaires, de développement et de consolidation de la paix menées par les différentes entités onusiennes au Liban.

L’UNSCOL n’est cependant pas une force militaire et ne patrouille pas le long de la Ligne bleue. Il ne peut donc pas remplacer les fonctions opérationnelles de la Finul. La fin du mandat de cette dernière ne met pas automatiquement un terme au travail politique et diplomatique de l’UNSCOL, dont le mandat est distinct.

L’UNDOF, une mission sur le Golan et non au Liban

Créée en 1974 par la résolution 350 du Conseil de sécurité, la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (UNDOF) est déployée sur le plateau du Golan. Sa mission consiste à maintenir le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie et à superviser l’application de l’accord de désengagement des forces conclu la même année, notamment dans la zone de séparation et les zones où les effectifs et les équipements militaires sont limités.

L’UNDOF n’est pas déployée au Liban et n’intervient pas dans la surveillance de la Ligne bleue. Son lien avec la Finul tient à l’UNTSO, dont les observateurs militaires sont affectés auprès des deux missions. Si leurs mandats sont distincts, leurs échéances coïncident toutefois au 31 décembre 2026. Renouvelé par la résolution 2824, le mandat de l’UNDOF arrivera alors à expiration, tout comme celui de la Finul. La différence est que la fin du mandat de cette dernière est actée, tandis que l’UNDOF pourra poursuivre ses activités si le Conseil de sécurité décide de prolonger le sien.

Comment s’organisera, après le 31 décembre 2026, la surveillance de la Ligne bleue et l’appui à l’armée libanaise, sachant que les observateurs de l’UNTSO ne sont pas habilités à reprendre les fonctions des Casques bleus et qu’aucune décision n’a encore été prise pour leur remplacement? Affaire à suivre.