Le ministre des Télécommunications, Charles Hage, a estimé que la cargaison d’explosifs interceptée par les forces de sécurité n’était pas destinée à être stockée, mais à être utilisée. «Qu’elle ait été destinée au Liban ou à l’étranger, elle aurait pu faire exploser le pays. L’enquête doit aller jusqu’au bout», a-t-il affirmé.
S’exprimant jeudi lors de l’émission Sar el Wa’et sur la MTV, le ministre a déclaré faire confiance au juge Claude Ghanem et au procureur général près la Cour de cassation, soulignant que l’essentiel était de parvenir à la vérité. Il a également rappelé qu’il ne s’agissait pas de la première cargaison d’explosifs interceptée et que, depuis octobre, l’armée en avait saisi plusieurs. «Nous ne sommes plus à l’époque de la tutelle», a-t-il ajouté.
M. Hage a salué l’institution militaire, qui «met en œuvre les décisions du gouvernement», avant de lancer: «Il n’y aura pas de deuxième Kahalé.» Il a affirmé ne pas vouloir d’une guerre civile, tout en prévenant que si quelqu’un s’en prenait à l’armée, celle-ci ne «tendrait pas l’autre joue». (Le virage de Kahalé a été le théâtre de violents affrontements en août 2023 après le renversement accidentel d'un camion de munitions du Hezbollah, puis d'une frappe de drone israélienne en octobre 2024 ciblant une camionnette transportant des explosifs appartenant à la formation pro-iranienne sur ce même axe, ndlr).
Le ministre a insisté sur la nécessité de construire un État à part entière, et non un «demi-État», appelant le Hezbollah à remettre ses armes. «Il n’y a plus besoin d’armes. Nous sommes épuisés depuis 2006», a-t-il déclaré.
S’adressant directement au parti, il a lancé: «Que faut-il attendre? Que les Israéliens arrivent jusqu’à Beyrouth? Il n’y a ni conscience ni raison? N’avons-nous rien appris des guerres précédentes? N’est-ce pas dommage pour les habitants du Sud?»
Plus de 1.800 réseaux Internet non autorisés
Sur le dossier des télécommunications, Charles Hage a révélé que plus de 1.800 réseaux Internet non autorisés étaient recensés au Liban. Les autorités travaillent à limiter les infractions et à proposer des solutions de remplacement. Ces réseaux devront être démantelés dans un délai de 90 jours dans les zones où des réseaux autorisés sont disponibles.
Le ministre a également indiqué que plus de 100 stations avaient été ajoutées afin d’améliorer la couverture. Il prévoit une résolution du problème de saturation d’ici à la fin de l’année ou au début du mois de janvier, à condition qu’une nouvelle guerre n’éclate pas.
Lancement de Liban Telecom
Concernant Ogero, le ministre a annoncé qu’un accord avait été conclu avec les employés, qui ont mis fin à leur grève.
Il a précisé que les démarches se poursuivaient en vue du lancement de «Liban Telecom». Elles comprennent notamment l’inventaire des actifs d’Alfa et de Touch, leur évaluation et la détermination des éléments qui seront transférés à la nouvelle société sur décision du Conseil des ministres. Une procédure juridique doit également encadrer le transfert des employés, des journaliers et des contractuels, tout en préservant leurs droits acquis.
«Nous ne sacrifierons pas les employés d’Ogero. Leur transfert vers Liban Telecom se fera selon un mécanisme légal garantissant leurs droits. La productivité et l’efficacité seront deux critères essentiels. Le dossier des employés ne peut pas être réglé en les écartant d’Ogero, mais en améliorant leurs performances», a-t-il souligné.
Enfin, le ministre a assuré que le Liban n’était pas affecté par les câbles Internet passant par les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, précisant que la liaison du pays transitait par la mer Méditerranée.