L'Iran affirme n'avoir aucune intention de négocier avec les États-Unis à ce stade, malgré la menace croissante d'une reprise de la guerre, a déclaré samedi le chef de la diplomatie Abbas Araghchi à la chaîne Al Jazeera.

«Dans le contexte actuel, l'Iran ne voit pas la nécessité d'une rencontre avec les Américains. Les conditions de l'Iran sont claires et des consultations sont en cours avec les médiateurs sur ce point», a-t-il dit lors de cette interview, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse officielle Irna.

«Si les États-Unis acceptent les conditions de l'Iran, alors Téhéran décidera si les négociations doivent être directes ou indirectes», a souligné le ministre.

Il a ajouté que la lettre adressée plus tôt cette semaine à l'Iran par le vice-président américain JD Vance pour relancer les pourparlers avait été «examinée» et «discutée au cours de rencontres de haut niveau».

Ces conditions portent sur le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, au cœur du conflit.

Depuis le début de la guerre, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Téhéran revendique le contrôle de cette voie maritime et cible régulièrement des navires qui tentent de le traverser sans son autorisation.

L'Iran conditionne une réouverture du détroit à un cessez-le-feu dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu'à la fin du blocus naval américain contre ses ports.

Ces points figuraient déjà dans un protocole d'accord irano-américain conclu en juin, après un cessez-le-feu en avril pour mettre fin à 40 jours d'échanges de frappes. Mais la fragile entente a volé en éclats cet été, et les efforts diplomatiques pour un règlement ont été pour l'heure infructueux.

Des discussions sont en cours entre l'Iran et les médiateurs dans le conflit, notamment le Qatar: après la venue cette semaine à Téhéran d'une délégation de l'émirat, Abbas Araghchi a dépêché des émissaires dans le pays du Golfe «pour poursuivre les consultations».

Selon le média américain Axios, les Qataris tentent «de convaincre l'Iran d'autoriser les inspecteurs de l'ONU à visiter ses sites nucléaires bombardés en échange d'un certain allègement des sanctions» américaines.

Mais sur ce dossier, M. Araghchi a relevé qu'il «restait encore un écart important à combler avant que la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)», l'instance onusienne chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, «puisse revenir à la normale».

AFP