La justice iranienne a condamné à mort un homme détenu depuis près de deux ans en raison de ses publications sur X et d'autres réseaux sociaux, ont rapporté jeudi son avocat et plusieurs organisations de défense des droits humains.

Ce verdict survient dans un contexte de recrudescence du recours à la peine capitale en Iran contre des accusés considérés par les ONG comme des prisonniers politiques, dans le prolongement des manifestations de janvier et de la guerre au Moyen-Orient.

Amirhossein Mousavi, aujourd'hui âgé de 40 ans, publiait des contenus sur X et Instagram sous des comptes gérés anonymement, qui ont depuis été suspendus.

Il a été condamné à mort après avoir été reconnu coupable de «corruption sur terre», l'un des plus graves chefs d'accusation en Iran qui renvoie à un concept flou régulièrement dénoncé par des ONG - en lien avec ses «activités en ligne sous le compte Twitter James B. Dean» ou «James Bi Din» (James sans foi» en persan), a écrit son avocat Reza Shafakhah sur X.

Les autorités ont assuré avoir établi le lien entre M. Mousavi et le compte. Il avait été arrêté en décembre 2024 dans un aéroport de Téhéran alors qu'il s'apprêtait à se rendre sur l'île iranienne de Kish, dans le Golfe.

L'organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a confirmé cette condamnation pour ses activités de «dissidence en ligne» contre les autorités.

Après son arrestation, Amirhossein Mousavi avait formulé des «aveux» en octobre 2025 à la télévision d'État iranienne. Dans cette séquence, il était accusé d'avoir agi en tant qu'agent israélien pour inciter à la contestation lors des manifestations nationales de 2022. Il était par la suite revenu sur ses propos, précise IHR.

Les ONG accusent les autorités iraniennes de recourir à la torture afin d'extorquer des confessions ensuite diffusées à la télévision.

Selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), située aux États-Unis, le procès était présidé par le juge Abolqasem Salavati, connu pour prononcer fréquemment des condamnations à mort.

L'Iran a exécuté 36 hommes en lien avec les manifestations de janvier 2026. Et depuis le déclenchement du conflit avec les États-Unis et Israël fin février, deux autres hommes ont été pendus pour leur implication présumée dans les protestations de 2022.

AFP