Le rétablissement des liens diplomatiques entre l’Iran et l’Arabie saoudite, annoncé vendredi, a été applaudi au Liban par plusieurs responsables politiques, qui ont espéré qu’il aura un impact positif sur le pays et la région .

Le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib a salué le communiqué tripartite chinois, iranien et saoudien, assurant que cet accord " aura un impact positif sur l’ensemble des relations régionales ". Le chef de la diplomatie libanaise a souhaité que cette démarche contribue à renforcer la stabilité dans la région, rappelant que le Liban a toujours payé le prix des conflits régionaux. Il a également appelé à " saisir cette opportunité afin de mener un dialogue arabo-iranien sur les bases du respect de la souveraineté des pays et de la non-ingérence dans leurs affaires internes ".

De son côté, le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt a estimé que " le parrainage par la Chine " du rétablissement des relations entre Riyad et Téhéran est " un grand exploit qui apaisera les tensions au Moyen-Orient ". Le chef du Parti démocratique Talal Arslane a également salué le rôle joué par la Chine dans le dialogue ayant permis la réalisation de cet accord, soulignant " l’importance d’un rôle de la Russie et de la Chine au niveau international, qui briserait l’unilatéralisme et la domination ".

Rifi : La fin de l’aventure iranienne

Achraf Rifi, député de Tripoli, a noté que " le rétablissement des liens entre l’Iran et l’Arabie saoudite, basé sur l’engagement à arrêter les ingérences dans les affaires internes des pays, pourrait être un vrai début pour la région, si les Mollahs comprennent que la politique d’imposer la tutelle sur des pays et de les déstabiliser à travers des milices est abandonnée pour toujours ". " Cet accord est dans l’intérêt de la stabilité et la souveraineté du Liban, et nous espérons qu’il marquera la fin de l’aventure iranienne qui a détruit la région ".

Le collègue de M. Rifi dans le bloc du Renouveau, le député Fouad Makhzoumi, a écrit dans un tweet que l’Arabie saoudite " a prouvé sa perspicacité et son sage leadership, qui fait prévaloir les intérêts du peuple saoudien et des peuples de la région " ajoutant que le royaume wahhabite s’est imposé comme le premier parrain en matière de dialogue ".

De son côté, le député Hagop Pakradounian a également salué le rapprochement entre l’Arabie et l’Iran, soulignant que " le Liban ne devrait pas miser sur les désaccords entre les pays de la région, mais sur les accords entre eux ". Appelant au dialogue au Liban, il a appuyé la candidature de Sleiman Frangié, ajoutant qu’un président pourrait être élu en juin prochain.

Naïm Kassem : Tournant important

Le secrétaire général-adjoint du Hezbollah Naïm Kassem a quant à lui qualifié le rétablissement de ces relations de " tournant important pour la stabilité de la région, sa sécurité et son développement " et de " coup porté au projet israélo-américain ". Vendredi soir, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, s’était félicité de cet accord en s’empressant de préciser qu’il ne se fera pas au détriment de sa formation, soutenue et financée par Téhéran.