Quatre Américains détenus en Iran ont été transférés dans une résidence surveillée, suscitant l’espoir d’un possible accord pour leur libération.

Quatre Américains détenus en Iran ont été transférés jeudi dans une résidence surveillée, a fait savoir la famille de l’un d’entre eux, alimentant les espoirs d’un accord qui leur permettrait de quitter le pays.

Les progrès effectués en vue de la libération de ces détenus –dont l’un est retenu prisonnier depuis près de huit ans– interviennent après des tractations discrètes et intenses entre Washington et Téhéran, concernant notamment le déblocage de près de 6 milliards de dollars de fonds iraniens gelés en Corée du Sud.

Siamak Namazi, Emad Sharqi, Morad Tahbaz, tous trois Irano-Américains, ainsi qu’un quatrième prisonnier dont le nom n’a pas été divulgué, ont quitté la prison d’Evin à Téhéran pour une maison, a déclaré un avocat de la famille de Siamak Namazi. Un cinquième Américain a déjà rejoint une résidence surveillée il y a quelques semaines, a fait savoir une autre source.

Un avocat de la famille Namazi, Jared Genser, s’est également félicité de l’annonce mais a prévenu que les Américains n’étaient pas encore sortis d’affaire.

Tous les Américains détenus sont d’ascendance iranienne. L’Iran ne reconnaît pas la double nationalité et n’entretient aucune relation diplomatique avec les Etats-Unis depuis la Révolution islamique de 1979.

Siamak Namazi, un homme d’affaires, avait été arrêté en octobre 2015, accusé d’espionnage sur la base de preuves qualifiées de ridicules par sa famille.

Son père, l’ancien responsable de l’Unicef Baquer Namazi, avait été lui-même fait prisonnier lorsqu’il s’était déplacé en Iran pour aider son fils, mais avait finalement été libéré l’an dernier en raison de son état de santé.

Morad Tahbaz, un Américano-Iranien qui possède également la nationalité britannique, avait lui été arrêté en janvier 2018 et condamné à dix ans de prison pour " conspiration avec l’Amérique ". Ce militant écologiste avait été brièvement placé en liberté provisoire en juillet 2022.

Emad Sharqi, un investisseur américano-iranien, avait été condamné en 2020 à dix ans de prison pour espionnage.

Pierre Daccache, avec AFP