
L’envoyée spéciale adjointe du président américain pour le Moyen-Orient, Morgan Ortagus, a surpris les responsables libanais en délivrant un message bien plus nuancé et diplomatique que ce qui avait été anticipé avant sa visite. Contrairement aux informations circulant avant son arrivée, laissant présager un ton plus ferme sur le désarmement du Hezbollah, Ortagus a choisi d’aborder la question sous l’angle de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’accord de cessez-le-feu. Elle a mis l’accent sur la nécessité de formuler des propositions concrètes, soulignant qu’un tel processus était essentiel pour toute avancée future. Elle a également insisté sur le fait qu’aucune réforme, ni relance économique ni financière, ne pourrait aboutir tant que des armes échappent au contrôle de l’État libanais.
L’envoyée américaine a également interrogé les responsables libanais sur les préoccupations liées au désarmement du Hezbollah, notamment concernant le risque qu’un tel processus mène à une guerre civile. La réponse a été sans équivoque: un tel scénario semble peu probable. Cependant, le gouvernement libanais doit exiger du Hezbollah qu’il se sépare de ses armes dans un délai déterminé, conformément à un plan d’exécution à définir. Cela d’autant plus que le Hezbollah avait accepté la résolution 1701 et l’accord de cessez-le-feu, lesquels ne lui confèrent aucun droit au port d’armes.
Concernant les violations de la résolution 1701 et de l’accord de cessez-le-feu, Mme Ortagus a indiqué que celles-ci persistent du côté libanais. Elle a insisté sur la nécessité d’intensifier les réunions et les contacts du comité de surveillance afin de remédier à cette situation. Le Liban a, de son côté, réaffirmé la nécessité de stopper les violations israéliennes, de finaliser le retrait israélien, de résoudre la question des prisonniers et de clarifier les points litigieux le long de la Ligne bleue. Mme Ortagus a précisé aux responsables libanais que sa position sur le désarmement du Hezbollah et les réformes ne représente pas uniquement celle des États-Unis, mais également celle de leurs alliés, notamment les pays arabes. Elle a ajouté qu’aucun progrès, investissement ou reconstruction ne serait envisageable tant que le Hezbollah ne se séparerait pas de ses armes.
D’après les informations disponibles, le président du Parlement, Nabih Berry, a tranché sur la création des trois groupes de travail diplomatiques pour traiter de la question de l’occupation, des points de litige et des prisonniers. Il a toutefois conditionné cette démarche à la mise en œuvre effective du cessez-le-feu. Une fois ce prérequis rempli, les autres sujets pourront être abordés, et la formation de ces groupes pourra alors se faire, sans le concours de diplomates, conformément à la volonté du Liban.
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