Karting : Oliver Allam décroche son premier podium international à Sharjah
Oliver Allam sur le podium, premier sacre international, drapeau libanais au sommet. ©©allam_oliver

Il y a des week-ends qui font basculer une carrière. À Sharjah, Oliver Allam a changé de dimension. Le jeune pilote libanais, né en 2009, est allé chercher son tout premier podium à l’international en décrochant la troisième place du deuxième acte de la Coupe du Moyen-Orient, au terme d’un rendez-vous dense, relevé, et surtout impitoyable dans le trafic.

Plus de cent pilotes engagés, des drapeaux venus des cinq continents, une piste où le moindre dixième se paye en sueur : le décor était celui des grands. Et au milieu de cette marée de casques, un gamin qui n’a même pas 17 ans a tenu son rang, mieux, il a imposé son nom. Allam a frappé fort dans la catégorie Senior 170, face à des pilotes plus âgés, plus rodés, plus “habitués” aux joutes régionales. Lui, il a répondu à l’endroit où ça compte : sur l’asphalte, au freinage, à la relance, dans la gestion de course.

Un podium qui vaut plus qu’un métal

Le format, sur deux jours, ne laisse aucune place au hasard. Deux courses, deux scénarios, et la nécessité de répéter la performance. Dans la première, Allam a flirté avec la boîte, terminant quatrième, au pied du podium, frustrant mais déjà révélateur. Parce que dans ces rendez-vous-là, finir quatrième ne dit pas “dommage”, ça dit “présent”. Et il a confirmé le lendemain, quand les positions se gagnent au millimètre et se perdent sur une hésitation.

Dans la deuxième course, il a fait ce que font les pilotes mûrs : courir juste. Pas forcément le plus spectaculaire, mais le plus propre. Il a tenu la pression, évité les pièges du peloton, choisi ses moments pour attaquer, protégé ses trajectoires quand il fallait, et sorti les tours rapides au bon timing. Au bout : une troisième place qui a le goût d’une première fois, celle qui ouvre les portes et installe un pilote sur la carte.

X30 Senior, mental d’acier

Au volant de son X30 Senior, Allam a livré une prestation “pro”. Mains calmes, cerveau froid. Dans un sport où les nerfs sont parfois plus importants que le moteur, il a montré cette qualité rare chez les très jeunes : la lucidité. Lire le trafic, anticiper les mouvements, ne pas se laisser aspirer dans les accrochages inutiles, accepter de perdre un dixième pour en gagner trois au tour suivant. Voilà le langage des podiums.

Vice-champion du Liban en 2025, il savait qu’il avait la vitesse. À Sharjah, il a prouvé qu’il avait aussi la dimension mentale. Celle qui transforme un talent en résultat. Celle qui fait qu’on ne subit pas la course, mais qu’on la construit.

Au moment de recevoir son trophée, drapeau libanais en main, Oliver Allam n’a pas caché son émotion. Et il a confié à la presse, des mots simples, mais lourds de sens :

“Dieu m’a permis de décrocher la troisième place dans la deuxième course. Je suis fier d’avoir levé le drapeau libanais en recevant mon prix. C’était l’objectif que je m’étais fixé avant de venir à Sharjah : atteindre le podium, mon premier à l’international, et j’y suis parvenu. À mon retour au Liban, je vais me préparer intensément pour le championnat du Liban 2026 en IAME, sur la piste de Mtein. Je veux viser la première place. J’ai terminé vice-champion en 2025, et je sais que je peux aller chercher le titre.”

Le message est clair : ce podium n’est pas une parenthèse, c’est un point de départ.

Un virage pour 2026

Dans le karting, la vérité se répète ou s’efface. Allam, lui, vient de poser une première pierre solide. Ce podium international, arraché dans une course de niveau régional dense, a une valeur particulière : il valide une progression, confirme un potentiel, et installe une ambition. La suite s’écrira au Liban, sur une saison 2026 où il n’aura plus le statut de “promesse”, mais celui du pilote qu’on attend… et qu’on surveille.

Parce qu’après Sharjah, Oliver Allam ne roule plus seulement pour apprendre. Il roule pour gagner.

 

 

 

 

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