Naïm Kassem a livré aujourd’hui un discours populiste, fidèle à sa rhétorique habituelle. Un discours qui ne convainc plus personne, pas même les plus jeunes de son propre camp. S’adressant aux parties concernées, il a lancé: «Le désarmement est hors de votre portée». Mais derrière cette surenchère verbale et cette arrogance affichée, Kassem défie qui au juste: l’État ou les Libanais?
Peut-être que le cheikh Kassem n’a pas été informé des évolutions récentes, notamment au Venezuela, où le président Nicolás Maduro a été capturé par des forces américaines et conduit menotté pour être jugé à New York.
Peut‑être aussi que personne ne lui a rappelé qu’en Iran, le régime a déjà subi ce que Washington a lui‑même qualifié de sévère revers politique sous la présidence de Donald Trump, et que de nouvelles sanctions pourraient être envisagées si les lignes rouges tracées par la Maison‑Blanche étaient franchies face aux manifestants et aux opposants.
Et peut-être ignore-t-il encore que ce fameux « axe de la résistance » s’est effondré, que même la Russie ne bougera pas pour défendre l’Iran, ni pour sauver le Venezuela, et encore moins pour protéger le Hezbollah.
Kassem, dans son discours monotone, a parlé de souveraineté. La souveraineté ? Celle-là même que son groupe n’a cessé de bafouer, passant d’une allégeance syrienne à une tutelle iranienne, jusqu’à exporter la violence au-delà des frontières. Il a poursuivi en réaffirmant la solidarité du Hezbollah avec le régime sanguinaire de Téhéran.
Mais encore une fois, Naïm Kassem n’a pas précisé qui il défie réellement: l’État ou les Libanais ?
Ignore‑t‑il que s’il choisissait de défier l’État en maintenant ses armes au nord du Litani, les premières conséquences pèseraient sur lui‑même, sur son environnement immédiat, ainsi que sur ses infrastructures et ses bases ?
Peut‑être Cheikh Naïm Kassem, installé dans son fauteuil de secrétaire général, devrait‑il s’inspirer de son prédécesseur Hassan Nasrallah, qui suivait de près les médias israéliens et leurs réactions. Peut‑être devrait‑il aussi lire davantage pour comprendre que la question du nord du Litani est désormais posée, comme en témoignent les dernières frappes. Et que si le Hezbollah persistait à refuser de remettre ses armes à l’État, celles‑ci seraient exposées aux frappes israéliennes. Ce jour‑là, le groupe aurait conduit le Liban au seuil de la guerre et de la ruine.
La réalité est pourtant simple: pour Naïm Kassem, coupé du réel et retranché dans son bunker, le silence vaudrait mieux que ces prises de parole répétées. Ses vaines bravades ne convainquent plus, ses discours ne mobilisent plus; ils ne sont désormais que des paroles creuses, portées par un homme à court d’arguments et d’alliés.



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