Véritable moteur du secteur des télécommunications, la téléphonie mobile reste l’une des sources majeures de revenus pour le Trésor public. Conscient de l’importance stratégique de ce secteur pour l’économie, le gouvernement a décidé de le moderniser et de le réorganiser.
Le 15 janvier 2026, il a relancé le processus de mise en concurrence pour la gestion et l’exploitation des deux réseaux de téléphonie mobile (MTC1 et MTC2). Le gouvernement a opté pour un partenariat public-privé (PPP), conformément à la loi sur les télécommunications de 2002. Depuis 2019, ces réseaux sont gérés directement par l’État, une situation présentée comme provisoire, alors que de 2002 à 2019, des sociétés privées – notamment Zain, Faldete et Orascom – en assuraient l’exploitation.
400 millions de dollars d’investissements
Lors de sa réunion, l’exécutif a écarté l’option d’une gestion directe par l’État, préférant confier la modernisation et l’exploitation à des entreprises privées. La raison: les deux réseaux publics sont aujourd’hui vétustes et nécessitent chacun au moins 200 millions de dollars d’investissements pour continuer à générer des revenus significatifs. Selon le gouvernement, un partenariat privé pourrait rendre cette modernisation effective d’ici deux ans, alors que l’État seul ne pourrait y parvenir qu’au bout de quatre à cinq ans.
Un contrat de plus de 1,5 milliard de dollars pour les réseaux mobiles
Sous la supervision du ministère des Télécoms, l’Autorité de régulation des télécommunications a été chargée d’élaborer le cahier des charges et le projet de contrat de gestion et d’exploitation des réseaux mobiles, incluant les conditions de participation et de préqualification à l’appel d’offres international – les opérateurs doivent supporter les charges d’exploitation et les dépenses d’investissement. Le tout doit respecter les dispositions de la loi sur les télécommunications et de la loi sur les marchés publics, en coordination avec l’Autorité des marchés publics. Les propositions de l’Autorité seront soumises au Conseil des ministres pour approbation dans un délai de trois mois.
Le ministre des Télécoms, Charles Hajj, souligne que cette mission n’est pas simple, le contrat portant sur un montant supérieur à 1,5 milliard de dollars.
240 millions de dollars par an pour le Trésor
Dans ce cadre, des indicateurs clés de performance (KPI) seront définis afin d’assurer la bonne gouvernance et l’efficacité du secteur de la téléphonie mobile. Le seuil de candidature à l’appel d’offres international prévoit de garantir un transfert annuel de revenus au Trésor équivalent à celui actuellement perçu, soit 240 millions de dollars par an.
Le ministre rappelle que le chiffre d’affaires du secteur des télécoms s’est élevé à 534 millions de dollars en 2025, contre 493 millions en 2024, malgré une hausse des investissements à 55,1 millions de dollars en 2025, contre 14,2 millions en 2024. Ces investissements ont été réalisés sans aucune augmentation des tarifs, permettant à la fois de renforcer les recettes et d’améliorer la structure opérationnelle du secteur.
Inventaire des actifs et sondage du marché international
Le mandat confié par le gouvernement au ministère des Télécoms, dans le cadre de la procédure d’attribution du secteur de la téléphonie mobile à des opérateurs privés, prévoit également un inventaire exhaustif des actifs des opérateurs actuels, Alfa et Touch, ainsi que de ceux relevant du ministère des Télécoms.
Il inclut en outre la prise de contact avec les entreprises internationales actives dans les services de téléphonie mobile, afin d’évaluer leur intérêt à participer à l’appel d’offres international pour la gestion et l’exploitation des deux réseaux, conformément au cahier des charges établi à cet effet. Les réponses des opérateurs internationaux devront être transmises au Conseil des ministres dans un délai de 30 jours à compter de la publication de la décision gouvernementale.




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