Trump informé que l’emprise du régime iranien serait à son plus bas niveau depuis 1979
Le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes à bord d’Air Force One, lors d’un vol reliant Shannon (Irlande) à la base aérienne conjointe d’Andrews, dans le Maryland, le 22 janvier 2026. ©MANDEL NGAN / AFP

Le président américain Donald Trump a reçu plusieurs notes des services de renseignement américains indiquant que le régime iranien traverse une phase de fragilisation majeure. C’est ce que rapporte le New York Times dans un article publié lundi. Selon des responsables cités par le quotidien américain, l’emprise du pouvoir à Téhéran serait à son niveau le plus bas depuis la chute du shah, renversé lors de la révolution islamique de 1979.

Le journal souligne que les manifestations qui ont éclaté à la fin de l’année dernière ont constitué un choc pour les autorités iraniennes, notamment lorsqu’elles ont touché des régions jusque-là considérées comme acquises au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Si ces mobilisations se sont depuis atténuées, les services de renseignement estiment que le régime reste profondément fragilisé.

Toujours selon le New York Times, la situation économique du pays contribue fortement à cette instabilité. L’économie iranienne est décrite comme historiquement faible, une réalité qui a alimenté des protestations sporadiques dès la fin du mois de décembre, avant de s’intensifier en janvier. Incapable d’apporter des réponses concrètes aux difficultés financières des familles, le pouvoir iranien a opté pour une répression sévère, accentuant la défiance d’une large partie de la population.

Dans ce contexte tendu, les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire dans la région, sans que les intentions précises de l’administration Trump ne soient clairement établies. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a rappelé au New York Times que le président était «régulièrement informé des questions de renseignement à travers le monde» et qu’il suivait «de près la situation en Iran».

Le quotidien rapporte également que Donald Trump a envisagé des frappes contre l’Iran à mesure que la répression s’intensifiait, tout en faisant état de divergences au sein de son entourage quant à l’opportunité d’une action militaire, en particulier si celle-ci devait se limiter à des frappes symboliques. Le président américain aurait toutefois temporisé après la suspension d’une exécution de manifestants en Iran et à la suite d’une demande du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, de retarder toute attaque, selon un haut responsable américain cité par le journal.

En parallèle, certains conseillers les plus interventionnistes de Donald Trump, tel le sénateur Lindsay Graham verraient dans la situation actuelle une opportunité stratégique pour affaiblir durablement, voire provoquer la chute, du régime iranien. Le président américain continue néanmoins de brandir la menace de la force, évoquant notamment le déploiement d’une «armada» navale dans la région et multipliant les mises en garde concernant le programme nucléaire iranien.

Sur le plan militaire, le New York Times indique que le porte-avions USS Abraham Lincoln, accompagné de plusieurs navires équipés de missiles Tomahawk, est entré dans la zone de responsabilité du Commandement central américain dans l’ouest de l’océan Indien. Des avions de combat supplémentaires ainsi que des systèmes de défense antimissile Patriot et THAAD ont également été déployés afin de protéger les forces américaines contre d’éventuelles représailles iraniennes.

Enfin, Washington a intensifié ses consultations avec ses alliés régionaux — Israël, l’Irak, l’Arabie saoudite et le Qatar — tout en adressant un avertissement clair aux autorités irakiennes : toute attaque menée par des milices chiites contre des intérêts américains entraînerait une riposte.

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