Le Liban a refermé son chapitre aux Jeux d’hiver, lundi, avec Andrea el-Hayek, 17 ans, qualifié avec autorité en première manche du slalom avant de sortir sur la seconde (DNF) sur une piste piégeuse. Trois jours plus tôt, Samer Tawk avait lancé la campagne libanaise sur les 10 km de ski de fond à Predazzo : une distance avalée à la volonté, comme un symbole de résistance sportive et de trajectoire reconstruite après l’épreuve. Deux disciplines, deux scénarios, un même fil rouge : le Liban n’a pas triché — il repart sans médaille, mais pas sans avenir.
Le slalom, c’est la loterie des braves : une porte de trop, une carre qui décroche, une fraction de seconde d’hésitation… et la course vous recrache. À Bormio, lundi, la première manche a pourtant eu des allures de promesse tenue pour el-Hayek. Sur 96 partants, seuls 44 ont bouclé le tracé : le Libanais s’est glissé dans le bon wagon, 38e, avec un temps de 1:10.64, synonyme de qualification “au mérite” pour la seconde.
La deuxième manche
La suite a été plus brutale : el-Hayek n’a malheureusement pas rallié l’arrivée de la deuxième manche (DNF). Fin de course, fin de Jeux — mais pas fin d’histoire. À 17 ans (né en 2008), cette première expérience olympique grandeur nature, face à des concurrents plus âgés et plus rodés, pose des repères concrets : le rythme, la densité, la pression, le niveau d’exigence. Et une certitude : il a déjà franchi une étape essentielle, celle de passer le cut et d’exister sur la feuille de course.
Autour de lui, l’encadrement était au bord de piste : le chef de mission Zafer Kabbara, la coach Karina Simari Birkner, et ses parents. Un cercle proche, au plus près d’un slalom qui ne fait de cadeaux à personne.
La “longue route” de Tawk
Avant les piquets et le couperet du DNF, il y avait eu l’effort linéaire, celui qui s’étire et qui éprouve. Vendredi, Tawk a été le premier Libanais au départ : 10 km de ski de fond à Predazzo, une course au mental, une course sans raccourci. Classé 107e, il a surtout porté autre chose qu’un dossard : une trajectoire. Il l’a expliqué à Ici Beyrouth sans détour : cette participation relève d’une volonté d’aller au bout, de continuer, malgré les blessures du passé et un long chemin de reconstruction depuis son accident à l’entraînement en 2019. Dans un sport où l’on “paye” chaque mètre, terminer, c’est déjà signer un message.
Au final, l’aventure libanaise à Milano Cortina 2026 tient en deux images propres, sans surjouer. L’une est tranchante, instantanée : un jeune slalomeur qui franchit un cap, au contact direct du très haut niveau, puis apprend à la dure ce que le slalom a de plus impitoyable. L’autre est longue, silencieuse : un fondeur qui va au bout, qui remet une carrière sur ses rails et qui transforme une course en point d’appui. C’est la même morale, vue par deux disciplines : ici, on ne s’est pas raconté d’histoire — on est venu chercher du vrai.
Et c’est peut-être ça, la promesse la plus sérieuse : des athlètes qui sortent de Cortina non pas avec une médaille à brandir, mais avec un repère à défendre. Le podium n’a pas répondu cette fois ; l’avenir, lui, a déjà levé la main.




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