Les cours du pétrole grimpent jeudi, le marché ayant revu à la hausse le risque d'intervention américaine en Iran, lié à un ton plus offensif et au déploiement militaire massif des États-Unis.
Les États-Unis ont averti mercredi l'Iran qu'il serait «bien avisé» de conclure un accord, estimant qu'il y avait «de nombreuses raisons» de le frapper, au lendemain de pourparlers auxquels les deux pays ont annoncé vouloir donner suite.
Après une réaction initialement baissière des cours de l'or noir mardi, avec une perception positive des pourparlers tenus à Genève entre l'Iran et les États-Unis, les investisseurs ont changé d'analyse mercredi et le mouvement haussier se poursuit jeudi.
Vers 10H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, prenait 0,95% à 71,02 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mars, gagnait 1,00% à 65,84 dollars.
Les États-Unis mettent en place au Moyen-Orient une imposante force de frappe navale et aérienne, un déploiement militaire massif qui pourrait préparer le terrain à une campagne de frappes contre l'Iran.
Selon certains médias américains, l'armée serait prête à frapper l'Iran dès ce week-end si Donald Trump le décide.
Pour l'or noir, le risque principal en cas d'escalade militaire est celui d'une paralysie du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial.
«Même un simple doute concernant la sécurité dans le détroit pousserait de nombreux navires, pour des raisons d’assurance, à rencontrer des difficultés à le traverser, car les primes augmenteraient fortement», souligne Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Cela rend les investisseurs nerveux selon l'analyste, et peu d'intervenants veulent prendre le risque de miser sur une baisse des cours du baril à l'approche du week-end.
Par ailleurs, hors risque géopolitique, «la part importante d'offre pétrolière frappée de sanctions et la réticence croissante de certains acheteurs à importer ce pétrole sanctionné» limite la perception d'excédent d'offre sur le marché, affirment les analystes d'ING.
Si un certain surplus d'offre est toujours attendu, il est plus faible «que ne le laissent apparaître de nombreux bilans», expliquent-ils.
AFP



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