«Soixante navires» sous pavillon français ou qui appartiennent à des entreprises françaises sont bloqués «à l'intérieur du Golfe arabo-persique», selon le délégué général d'Armateurs de France, Laurent Martens, confirmant à l'AFP une information de France Inter.
Ces navires ont passé le détroit d'Ormuz et ont reçu une «consigne donnée par la Marine nationale de se mettre à l'abri», a expliqué dimanche Laurent Martens, qui assure que les bateaux français ne sont "pas des cibles prioritaires".
«Les marins sont sur les bateaux, ils sont dans les ports, ils sont normalement à l'abri», a-t-il poursuivi. «Les équipages sont dans leur cabine relativement protégés, sachant qu'ils peuvent aller dans un endroit plus protégé sur les bateaux en cas d'alerte».
Ce détroit, d'une largeur d'à peine 50 km, borde les côtes de l'Iran et celles du sultanat d'Oman. En représailles après les frappes américaines, les Gardiens de la révolution iraniens ont fermé ce passage particulièrement crucial pour le transport maritime de pétrole: environ 20% de la production mondiale d'or noir y transitent chaque année.
Les navires bloqués ont «instruction de ne pas bouger, de ne pas essayer de sortir», avait déclaré sur la radio France Inter Édouard Louis-Dreyfus, patron d'Armateurs de France, soulignant que les autres navires avaient pour consigne «de rester le plus loin possible de la région».
Trois des plus importants armateurs mondiaux, CMA CGM, Hapag-Lloyd et Maersk, ont ordonné à leurs navires de suspendre leur navigation dans le golfe face à l'escalade militaire dans la région. Le premier armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a ordonné dimanche à tous ses navires présents dans le Golfe de «se mettre à l'abri».
Le passage par le canal de Suez qui relie la mer Méditerranée à la mer Rouge est aussi «suspendu jusqu'à nouvel ordre, et les navires seront déroutés par le cap de Bonne-Espérance», avait indiqué le transporteur français, ce qui rallongera le trajet de plusieurs milliers de kilomètres en contournant l'Afrique.
Mais «les bateaux qui desservent l'Europe ou la France depuis des pays du Sud, d'Amérique ou d'Asie, ne passent pas par là donc ils ne seront pas gênés et continueront de faire le tour par le sud de l'Afrique», relève Laurent Martens.
La répercussion économique la plus importante sera probablement «le renchérissement du coût du pétrole» avec une conséquence pour les populations en Europe sur le prix à la pompe d'ici «quelques semaines», estime-t-il.
AFP



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