Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du Liban après les frappes aériennes israéliennes et les ordres d’évacuation a déjà atteint 300.000, et pourrait encore augmenter rapidement, a averti vendredi le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).
Selon Imran Riza, coordinateur humanitaire de l’ONU au Liban, environ 100.000 personnes sont actuellement entassées dans quelque 477 centres d’accueil, dont 57 centres d’accueil disposent encore d’un peu de place, mais la capacité est «atteinte très rapidement».
Selon la cellule de gestion des catastrophes, le nombre total de déplacés dans les centres d’accueil s’élève à 110 162, représentant 26 342 familles déplacées.
«Ce que nous avons vu ces derniers jours est, je dirais, sans précédent au Liban en termes d’ampleur des avertissements, des ordres de déplacement et de la réaction, y compris la panique», a-t-il ajouté.
Israël a demandé aux populations civiles d’évacuer des centaines de villages dans le sud du Liban, dans la région orientale de la Békaa et dans la banlieue sud de Beyrouth, avec un nombre de personnes potentiellement déplacées pouvant dépasser un million, a précisé le NRC dans un communiqué.
L’organisation humanitaire a dénoncé ces ordres, estimant qu’ils soulevaient «de graves préoccupations au regard du droit international humanitaire» et qu’ils aggravent les souffrances des familles, sans garantir un passage sûr ni un soutien aux déplacés.
Les hostilités se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, dans un contexte de guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui s’étend progressivement dans la région. Jeudi, l’armée israélienne a ordonné aux habitants d’évacuer la banlieue sud de Beyrouth, y compris des quartiers contrôlés par le mouvement soutenu par Téhéran, avant d’intensifier ses frappes aériennes. Des ordres similaires ont été donnés pour des secteurs de la vallée de la Békaa et du sud du pays.
Le manque de financement accentue la crise humanitaire: l’appel humanitaire pour le Liban en 2026, d’un montant de 1,6 milliard de dollars, n’est financé qu’à 20%. «Nous sommes dans une situation bien pire en termes de financement réel et de préparation matérielle que même en 2024, qui était déjà une période difficile», a souligné Imran Riza.
Le ministère libanais de la Santé a fait état de 123 à 217 morts et de 683 à 798 blessés cette semaine, selon les sources, sans distinction entre civils et combattants. Plusieurs personnels de santé ont été tués ou blessés.
Le NRC et l’ONU ont insisté sur la nécessité de protéger les civils, qu’ils choisissent de rester ou qu’ils ne puissent pas se déplacer, et ont appelé à une désescalade immédiate du conflit. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé «une catastrophe humanitaire» provoquée par ces déplacements massifs.



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