Le ministère de la Santé a annoncé que 56 personnes ont été tuées mercredi lors des frappes israéliennes, portant le bilan total de la guerre à 968 morts et 2.432 blessés depuis le 2 mars.
Sur le terrain, les combats se poursuivent, mercredi, dans la région de Khiam. Un convoi de chars israéliens a été signalé depuis les hauteurs de Kfarchouba vers Houla, avec des bombardements intensifs sur Kfarchouba et Kfar Hammam. Des chars israéliens ont également pénétré aux abords du village de Houla, dans le caza de Hasbaya.
Les frappes israéliennes ont touché pour le deuxième jour consécutif Marjeyoun, Ibl al-Saqi et Qlaiaa, faisant deux morts dans une maison ciblée. L’aviation israélienne a également ciblé Aitit, Zebqin, Deir al-Zahrani, Kfara, Nabatiyé al-Fawqa et Beit Yahoun. À Qannarit, trois personnes ont été tuées et plusieurs blessées lors d’un raid sur un complexe résidentiel.
De plus, l’aviation israélienne a ciblé successivement les localités de Debbine, Blat et Qantara (Marjeyoun), Ainata et Qaaqaiyet al-Jisr (Nabatiyé).
L’armée israélienne frappe les stations-service finançant le Hezbollah
L’armée israélienne a annoncé qu’au cours des dernières 24 heures, l’armée israélienne a ciblé des stations-service de la société « Al-Amana » dans le sud du Liban, sous contrôle du Hezbollah, considérées comme des infrastructures économiques clés pour le groupe. «Ces stations génèrent des millions de dollars de revenus, utilisés via l’association Al-Qard Al-Hassan pour financer les activités terroristes du Hezbollah. Ces frappes visent à diminuer l’ancrage économique du Hezbollah au sein des populations civiles et à affaiblir ses capacités militaires et logistiques».
#عاجل 🔴جيش الدفاع هاجم محطات وقود تموّل حزب الله الإرهابي بملايين الدولارات
— افيخاي ادرعي (@AvichayAdraee) March 18, 2026
🔸خلال الساعات الأربع والعشرين الماضية هاجم جيش الدفاع محطات وقود تابعة لشركة "الأمانة" في جنوب لبنان الخاضعة لسيطرة حزب الله الإرهابي في أنحاء لبنان وتعتبر بنية اقتصادية مهمة لصالحه.
🔸تدرّ محطات… pic.twitter.com/uNJmJSONLs
Frappes du Hezbollah
Le Hezbollah a annoncé avoir frappé plusieurs positions israéliennes au petit matin dans les zones de Khanouk à Aitaroun, Oddaisseh, ainsi que dans le sud de Maroun al-Ras, Jdeidet Mays al-Jabal, Rab Thalathin, le projet Taybé et le site al-Marj près de Markaba. Dans l’après-midi, la milice a déclaré avoir attaqué un rassemblement de soldats israéliens à Taybé, causant des pertes et nécessitant l’intervention d’hélicoptères pour évacuer les blessés. Le Hezbollah a également repoussé une tentative d’avancée israélienne près du centre de détention de Khiam.
Frappes au cœur de Beyrouth
L'armée israélienne a frappé mercredi le cœur de Beyrouth, faisant 12 morts dont un responsable de la chaîne du Hezbollah. Trois quartiers densément peuplés de la capitale, dont l'un proche du siège du gouvernement, ont été visés.
L'une des frappes, menée sans avertissement préalable, a tué le directeur des programmes politiques de la télévision du Hezbollah, al-Manar.
L'immeuble où résidait Mohammed Cherri dans le quartier de Zokak al-Blatt, a été touché, a indiqué la chaîne dans un communiqué. «Il a été tué avec son épouse, et leurs enfants et petits-enfants ont été blessés», a-t-elle ajouté.
Dans le quartier de Bachoura, visé après un avertissement israélien, un immeuble touché s'est effondré comme un château de cartes, et la rue est jonchée de débris.
«Il était quatre heures du matin, on dormait», raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, une déplacée de la banlieue sud de Beyrouth réfugiée dans une école voisine reconvertie en centre d'accueil.
«Nous avons fui en pyjama, nous sommes allés vers une place du centre-ville», ajoute-t-elle.
À Zokak al-Blatt, un immeuble abritant une succursale de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, qui avait été frappée la semaine dernière, a de nouveau été visé.
Douze personnes ont été tuées et 41 blessées, selon le ministère de la Santé, et «des restes humains ont aussi été retrouvés sur les lieux».
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en menant une attaque contre Israël, qui a lancé une vaste campagne de frappes aériennes.
Depuis lors, les frappes ont fait au moins 912 morts, dont 111 enfants, selon les autorités, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes, soit plus du sixième de la population du petit pays.
Frappes visant les ponts sur le Litani
À Saïda, principale ville du sud du Liban, une frappe qui a visé mercredi matin une voiture a fait deux morts dont un secouriste, près de la corniche du bord de mer où des déplacés dorment dans leurs voitures, selon le ministère.
«Je n'avais jamais quitté ma maison jusque-là», témoigne Moustapha Khairallah, réfugié à Saïda. Mais «ils visent de plus en plus les civils... J'ai été obligé de partir», ajoute ce vieillard juché sur deux cannes.
Mercredi, l'armée israélienne a annoncé qu'elle allait frapper les ponts sur le fleuve Litani, à une trentaine de km au nord de la frontière, pour couper toute aide militaire au Hezbollah dont les combattants affrontent des troupes au sol dans certains villages frontaliers. Elle a appelé la population à évacuer la zone au sud du Litani.
En effet, trois ponts et passages ont été bombardés dans la journée de mercredi, en plus de deux autres qui avaient été frappés le 13 mars. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a revendiqué ces frappes sur «deux ponts supplémentaires sur le fleuve Litani, dans le sud du Liban», affirmant qu’ils sont «utilisés par le Hezbollah pour transporter des moyens de combat».
«La destruction des ponts constitue un message clair au gouvernement libanais», a indiqué l’agence Reuters.
Déjà, un ordre d'évacuation israélien avait provoqué la panique dans la ville de Tyr, dont les ruines sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco.
Des centaines de familles ont fui vers Saïda alors que celles qui ont décidé de rester se sont entassées dans les vieux quartiers de la ville, qui ne sont pas concernés par l'ordre d'évacuation.
L'aviation israélienne a également visé l'est du Liban, un bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (officielle). Quatre personnes ont été tuées dans une frappe sur la ville de Baalbeck, et quatre autres sur la localité de Yohmor.
Parallèlement à ces frappes, l'armée israélienne avait annoncé lundi avoir lancé des «opérations terrestres limitées contre le Hezbollah dans le sud du Liban.
La formation pro-iranienne a de son côté affirmé mardi soir avoir lancé une importante vague d'attaques contre le nord d'Israël.
Elle a indiqué que ses combattants avaient tiré des roquettes et des missiles présentés comme sophistiqués sur une douzaine de villes ainsi que sur plusieurs bases israéliennes, y compris aériennes et navales.
Communiqué de la Finul
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a exprimé sa profonde inquiétude face à l’escalade violente survenue la nuit précédente, marquant une détérioration préoccupante de la situation entre le Liban et Israël. Dans un communiqué publié mercredi, la Finul a annoncé que les échanges de tirs intenses, l’intensification des activités aériennes et terrestres, ainsi que la présence accrue des forces israéliennes sur le territoire libanais constituent des développements alarmants.
Les ordres d’évacuation renouvelés émis par les parties en conflit, qui touchent des civils de part et d’autre de la Ligne bleue, accroissent encore les risques. Selon la Finul, la rhétorique exacerbée aggrave une situation déjà fragile. La mission a rappelé aux parties leur engagement envers la résolution 1701 du Conseil de sécurité et a insisté sur le cessez-le-feu complet comme seule voie viable vers une stabilité durable.
«Les casques bleus restent déployés dans l’ensemble de leur zone d’opérations dans le sud du Liban et le long de la Ligne bleue, signalant les violations, assurant la liaison entre les parties et, lorsque cela est possible, facilitant l’accès humanitaire et la protection des civils.
Avec AFP



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