Le Liban a retiré l’accréditation de l’ambassadeur d’Iran, récemment nommé à Beyrouth, et lui a donné jusqu’à dimanche pour quitter le pays, a annoncé mardi le ministère libanais des Affaires étrangères.
I instructed today the Secretary-General of the Ministry of Foreign Affairs and Emigrants to summon the Iranian Chargé d’Affaires in Lebanon to inform him of the decision to withdraw the agrément for the designated Iranian Ambassador, Mohammad Reza Shibani, declare him persona…
— Youssef Raggi (@YoussefRaggi) March 24, 2026
Cette mesure intervient après que Beyrouth a accusé les Gardiens de la Révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël depuis le Liban et annoncé interdire leurs actions sur le territoire libanais.
Le ministère a précisé avoir convoqué le chargé d’affaires iranien et l’avoir informé de la décision des autorités de «considérer persona non grata» l’ambassadeur Mohammad Reza Raouf Sheibani, nommé en février à ce poste.
Un peu plus tard dans la journée, le ministère a clarifié les informations circulant sur les réseaux sociaux et dans les médias concernant le retrait de l’accréditation de l’ambassadeur iranien.
Selon le ministère, cette décision, prise conformément à l’article 9 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, ne constitue pas une rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. Il s’agit d’une mesure disciplinaire à l’encontre du diplomate pour des manquements aux règles du protocole et aux obligations d’un ambassadeur en poste au Liban.
Le ministère précise que l’ambassadeur Sheibani a tenu des déclarations intervenant dans la politique intérieure libanaise et a exprimé des jugements sur les décisions du gouvernement, en plus d’avoir rencontré des acteurs non officiels libanais sans en informer le ministère des Affaires étrangères. Ces actions sont contraires à l’article 41 de la Convention de Vienne, qui interdit aux diplomates d’intervenir dans les affaires internes du pays d’accueil.
Condamnation du Hezbollah
Le Hezbollah a vivement condamné la décision du ministère des Affaires étrangères de retirer l’accréditation de l’ambassadeur d’Iran au Liban et de le déclarer persona non grata, estimant qu’elle est dépourvue de fondement juridique et qu’elle constitue une «erreur stratégique» qui fragilise la souveraineté et l’unité nationale. La milice chiite dénonce un alignement sur des pressions extérieures, un double standard vis-à-vis des ingérences américaines, et un choix politique qui, selon lui, favorise Israël au détriment des intérêts libanais.



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