Au moins sept soldats ont été tués mercredi en Irak par une frappe aérienne visant une base dans l’ouest du pays, déjà visée la veille par un bombardement meurtrier contre le Hachd al-Chaabi, alliance d’ex-paramilitaires englobant des groupes pro-iraniens.
Depuis le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, le 28 février, l’Irak a été aspiré dans un conflit qu’il voulait éviter à tout prix.
Des groupes armés irakiens pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques contre des militaires ou des intérêts américains, tandis que ces factions sont visées par des frappes imputées aux États-Unis ou à Israël.
La mort mercredi de sept soldats de l’armée irakienne illustre le défi qui se pose aux autorités pour éloigner le pays du conflit régional, alors même que la coalition du Hachd al-Chaabi, totalement intégrée dans l’appareil sécuritaire de l’État, abrite en son sein des factions armées qui agissent aussi en leur nom propre, hors de tout cadre officiel.
Mercredi, dans la région de Habbaniya (province d’Al-Anbar), une frappe aérienne a visé une base où stationnent des effectifs de l’armée, de la police et du Hachd al-Chaabi, d’après un responsable de sécurité.
Après le bombardement, «des tirs effectués depuis l’avion de combat» ont visé le site, notamment une clinique militaire, a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué, faisant état de sept morts et 13 blessés parmi ses «combattants».
L’attaque «constitue une violation flagrante et dangereuse du droit international, qui interdit de prendre pour cible les installations médicales et leur personnel», dénonce le ministère de la Défense.
Le responsable sécuritaire interrogé par l’AFP a confirmé la mort d’au moins un officier de la médecine militaire, tout en évoquant six blessés parmi les forces du Hachd al-Chaabi.
Droit d’autodéfense
Mardi avant l’aube, cette même base avait été visée par une «frappe aérienne américaine» qui avait tué 15 combattants du Hachd al-Chaabi, d’après un communiqué de l’alliance.
L’attaque avait poussé les autorités à accorder un «droit de riposte et d’autodéfense» pour contrer les attaques «d’avions de combat ou de drones» qui ciblent «les positions et les unités étatiques du Hachd al-Chaabi et des autres forces armées».
Le Cadre de coordination, influente coalition chiite qui détient la majorité parlementaire, a souligné que ce «droit d’autodéfense» se faisait «selon les ordres et instructions» du commandement conjoint des forces irakiennes.
Tout comme elle a souligné «le droit exclusif de l’État pour les décisions de guerre».
Bagdad dénonce aussi bien les frappes sur des positions du Hachd al-Chaabi que les attaques visant les soldats étrangers et les représentations diplomatiques.
Car avec la guerre au Moyen-Orient, des factions armées pro-iraniennes, qui gardent un pied dans le Hachd étatique, revendiquent quotidiennement des dizaines de tirs de roquettes et de drones contre des militaires et des intérêts américains, en Irak et au Moyen-Orient.
Ces groupes ont aussi mené des attaques contre l’ambassade américaine à Bagdad.
Le Pentagone a reconnu recourir à des hélicoptères de combat pour frapper ces groupes armés pro-iraniens en Irak.
Tant mardi soir que mercredi matin, le bruit des avions militaires survolant la capitale irakienne, Bagdad, était particulièrement intense, ont rapporté des journalistes de l’AFP.
AFP



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