Front sud: comment Israël progresse vers le fleuve du Litani
©AFP

Les forces israéliennes poursuivent leur progression méthodique dans le Liban-Sud, de la frontière jusqu’aux zones proches du fleuve Litani. Plusieurs villages ont déjà été partiellement ou totalement contrôlés et des destructions importantes sont constatées sur leur passage, avec des positions consolidées sur les collines et les routes stratégiques, au détriment des populations locales et des infrastructures.

Dans un entretien accordé à Ici Beyrouth, l’ancien commandant du secteur sud du Litani, le général Khalil Gemayel, dresse un état précis des positions israéliennes dans la région. Selon lui, l’avancée des forces israéliennes suit un axe méthodique allant du sud vers le nord, avec une progression lente mais stratégique et des destructions importantes dans plusieurs localités.

Le secteur ouest

À la frontière sud du Liban, les forces israéliennes se sont positionnées sur les limites nord de Naqoura, une zone désormais entièrement contrôlée. Progressant vers le nord-est, elles se sont implantées aux frontières nord de Alma el-Chaab, Dhaïra, Boustan, Yarin ainsi que Marwahine. « À Marwahine, les destructions sont majeures, dans le sens où la localité a été complètement rasée», note le général Gemayel.

Ainsi, toujours selon le général Gemayel, les positions israéliennes couvrent désormais, dans le secteur ouest, les localités susmentionnées allant de Naqoura à Marwahine (caza de Tyr).

Le secteur central

Dans le secteur central, les forces israéliennes se sont établies sur les limites nord du village de Ramia. La progression se poursuit vers Rmeich, puis vers le village de Debel. Entre les localités de Qaouzah et Beit Lif, l’armée de l’État hébreu a pris position au niveau des abords de Rchaf, formant un quadrilatère stratégique.

En allant vers Yaroun, les forces israéliennes atteignent les limites nord du village. À Maroun el-Ras, elles se sont également implantées, détruisant entièrement la zone, tandis qu’à Aïtaroun, elles n’ont réussi qu’à se positionner sur ses limites sud, n’ayant pas encore pris le contrôle du village.

En résumé, dans le secteur central (caza de Bint Jbeil), les localités de Ramia, Aïta el-Chaab, Rmeich, Yaroun, Maroun el-Ras et une partie de Aïtaroun restent sous pression israélienne.

Le secteur est

Plus à l’est, dans le caza de Marjeyoun, l’avancée est mesurée: Blida est atteinte sur 2 à 3 km. Mays el-Jabal, Houla et Markaba voient également des positions israéliennes sur leurs limites nord. À Taybé, la progression atteint environ 6 km par rapport à la frontière: les forces entrent et sortent, puis se dirigent vers Qantara, qui domine Wadi Houjeir. Des affrontements intenses se déroulent sur les abords est de Qantara.

De Taybé, la poussée se poursuit davantage au nord, vers Deir Seriane, où les combats concernent les entrées est du village. La prise éventuelle de Deir Seriane offrirait un accès stratégique au fleuve Litani.

Au niveau des villages de Odaisset Marjeyoun et de Kfar Kila, les forces israéliennes se sont positionnées sur des collines stratégiques: la colline d’Oueida, à Kfar Kila, donnant sur le Litani, et, probablement, la colline de Ezziyé.

Enfin, à Khiam, les Israéliens sont implantés au centre du village, alternant passages et destructions systématiques. Du côté de Kfarchouba, l’avancée ne dépasse pas 700 mètres, avec un positionnement sur la colline de Sahra.

Stratégie et scénarios possibles

Le général Gemayel explique que l’objectif des Israéliens est de créer une «zone de 5 à 6 km» reliant les collines entre elles. En effet, les cinq points stratégiques précédemment occupés – Labboun, Jabal Blat, Jal el Deir, Daouaouir et Hamames – ne suffisent plus, selon lui, à protéger les colonies israéliennes.

D’après l’expert militaire, la progression israélienne tend à couvrir successivement les collines des localités suivantes: Chamaa, Beit Lif, Maroun el-Ras, Aïtaroun, Talloussa, Taybé, Oueida, Ezziyé et Khiam. Derrière cette ligne, l’objectif serait de détruire intégralement les infrastructures et positions restantes du Hezbollah, tout en sécurisant les collines stratégiques.

Le scénario le moins probable impliquerait une extension sur une région de 15 km, tandis que le scénario le plus improbable actuellement viserait la traversée du Litani. Pour le général Gemayel, les forces israéliennes devraient se contenter de la zone actuelle jusqu’à la fin des opérations en Iran, avant de décider de leurs prochaines actions.

L’avancée reste lente, explique le général, en raison des opérations intermittentes du Hezbollah, qui utilise des groupes équipés d’armes légères et moyennes pour freiner l’ennemi. Les combats se concentrent notamment au niveau de Taybé, aux abords de Naqoura, à Khiam, à Qantara, à Deir Seriane et à Aïtaroun, avec des progressions variant de 2 à 6 km selon les localités (6 km pour Taybé, 6 km pour Qantara, 4 km pour Naqoura, 4 km pour Khiam, 2 km à Maroun el-Ras).

Commentaires
  • Aucun commentaire