L'armée israélienne continue son avancée au Liban-Sud
De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, le 12 juin 2026. ©ABBAS FAKIH / AFP

La situation s’est tendue dans l’après-midi de samedi au Liban-Sud. Des informations de terrain ont fait état de l’entrée d’une force israélienne dans la localité de Majdel Zoun, depuis Wadi Hassan en direction du secteur de Baidar et de la place du village. Selon l’Agence nationale d’information (Ani), plusieurs bâtiments ont été dynamités par l’armée israélienne.

D’autres informations relayées par la MTV annonçaient l’entrée de blindés israéliens sur la colline d’Ali Taher ainsi qu’à Kfartebnit, localité avoisinant la ville principale de Nabatiyé.

Le sud du Liban a été la cible, samedi, d’une nouvelle vague de frappes israéliennes, peu après un appel de l’armée israélienne à évacuer vingt localités de la région, dont Nabatiyé, et à se diriger vers le nord du fleuve Zahrani.

De nouvelles frappes israéliennes ont été rapportées sur les hauteurs de Ali Taher, Kfartebnit, la route de Khardali, Majdel Selm et Kfour, dans le caza de Nabatiyé. Un pilonnage d’artillerie a également visé Soultaniyé, tandis qu’un «ceinture de feu» a été signalée autour de Kfarraman.

À Ansar, des informations faisaient état de trois personnes portées disparues et d’une autre encore en vie sous les décombres, sans qu’un bilan officiel n’ait été immédiatement communiqué.

Dès les premières heures de la journée, l’aviation israélienne avait mené plusieurs raids sur des localités du Liban-Sud. Selon un premier bilan des attaques recensées entre minuit et 9 heures, l’aviation de chasse a visé notamment Touline, Deir el-Zahrani, Kfour et Kfarraman, tandis que des drones ont ciblé Maaraké et Soultaniyé.

L’escalade s’est poursuivie dans la matinée. Vers 9h40, une frappe a visé une voiture à Kfar Houna, faisant au moins un mort, selon les premières informations. Peu après, un drone israélien a frappé la localité de Rihane, tuant le mokhtar selon l’Ani.

Des frappes ont également été signalées à Kfarraman, où des blessés ont été rapportés, ainsi que sur les abords de Rihane, Sojod, Jabal el-Rafiih, Mahmoudiyé, Rachknaniyé, Nabatiyé el-Fawqa, Tayr Debba et Bazouriyé. 

Une explosion signalée à Khiam a été attribuée à une opération de dynamitage. L’armée israélienne aurait également mené une opération de destruction dans la localité de Tiri.

Parallèlement aux raids aériens, l’artillerie israélienne a pilonné plusieurs secteurs, notamment Majdel Zoun, Zibqine, Nabatiyé, Kfarjoz, Qsaybé, les abords de Smaïyé et Maaliyé, les hauteurs de Ali Taher, les environs de Nabatiyé-Kfarraman, Srifa, Khirbet Selm et Qlaylé.

Dans ce contexte, une force de l’armée libanaise a quitté la caserne de Kfartebnit, en direction de Saïda, empruntant l’axe Jarmaq-Kfarraman.

Cette nouvelle séquence de bombardements est intervenue peu après un avertissement lancé par le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, qui a indiqué que l’armée s’apprêtait à «agir avec force» contre le Hezbollah. Il a appelé les habitants de vingt localités du Liban-Sud, dont Nabatiyé, à quitter immédiatement leurs habitations et à se rendre au nord du fleuve Zahrani.

 

L’armée israélienne avait également annoncé, plus tôt samedi, avoir intercepté un «engin aérien hostile» entré dans le nord d’Israël depuis le Liban. Elle a indiqué que cet incident faisait suite à plusieurs alertes similaires enregistrées la veille, dont certaines n’avaient pas donné lieu à des interceptions, sans causer de dégâts notables selon elle.

Sur le plan politique, le président Joseph Aoun a estimé samedi que le pays faisait face à «un test capital». Dans un message publié sur X, il a appelé les Libanais à s’unir «autour d’un État souverain qui détient le monopole des armes», afin de ne pas rester «otage de la logique des milices».

 

Pour sa part, le Premier ministre Nawaf Salam a appelé le Hezbollah à « soutenir les négociations en cours à Washington» 

 

De son côté, le député du Hezbollah Ali Fayyad a appelé à tirer profit de tout accord susceptible de mettre fin aux hostilités. Il a toutefois accusé l’État de mener une politique «d’écrasement face aux Israéliens» et de «soumission aux Américains», estimant que Beyrouth devait négocier pour défendre ses propres intérêts.

 

 

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