Le chef des opérations humanitaires de l'ONU Tom Fletcher s'est inquiété mardi de la possible création d'un nouveau «territoire occupé» au Moyen-Orient, cette fois au Liban, après qu'un ministre israélien a évoqué l'occupation du sud du pays après la guerre.
«Compte tenu de l'intensité des déplacements forcés dont nous sommes témoins, comment devons-nous nous préparer, collectivement en tant que communauté internationale, pour une nouvelle addition à la liste des territoires occupés?», a-t-il lancé lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.
«Compte tenu de la trajectoire décrite par certains ministres israéliens et de ce que avons observé à la vue de tous à Gaza, comment allez-vous protéger les civils?», a-t-il ajouté.
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a assuré lundi qu'après le conflit en cours entre le Hezbollah et l'armée israélienne, cette dernière s'installerait «dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban». Elle maintiendra selon lui «le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani», fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban.
Le ministre israélien d'extrême droite chargé des Finances, Bezalel Smotrich, avait lui menacé début mars la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, mouvement islamiste pro-iranien, de subir la même dévastation qu'Israël a infligée à Gaza pendant la guerre contre le Hamas palestinien.
«Nous appelons ce Conseil à agir immédiatement et à condamner ces déclarations clairement et explicitement, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour obliger Israël à stopper ses incursions et ses menaces contre l'intégrité territoriale et l'indépendance du Liban», a insisté mardi l'ambassadeur libanais Ahmad Arafa.
Son homologue israélien Danny Danon a assuré que son pays n'avait «aucun désir de rester opérer au Liban», mais devait «protéger» ses populations et «repousser la menace» du Hezbollah.
Tom Fletcher, qui s'exprimait par vidéo depuis Beyrouth, a décrit «l'anxiété et les tensions à un niveau (qu'il n'avait) pas vu depuis des années».
«Au Liban, plus de 1,1 million de personnes ont été déplacées ces quatre dernières semaines, dont 370.000 enfants. Et plus de 200.000 personnes sont passées en Syrie en un mois», a-t-il déploré.
«Un cycle de déplacements forcés est en cours», augmentant les menaces en particulier pour les femmes et les filles qui se retrouvent dans des «espaces surpeuplés et inhabituels», a-t-il encore déclaré, relayant le plaidoyer de Libanais qui lui ont demandé de «ne pas réduire leur souffrance à des chiffres».
Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les États-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.
Avec AFP



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